Une mesure pour rien
Jun 30, 2007 in Actualité, Citoyen, international
Hier G.W. Bush a publié un décret interdisant d’entrée certaines personnalités libanaises et syriennes. Déjà, doutant que ces mesures ne servent à grand-chose, il faut également y voir une réponse au rapport Baker-Hamilton et à la visite de Nancy Pellosi qui respectivement prônaient une reprise du dialogue avec Damas et qui s’y étaient rendus.
Il s’agit donc plus d’une mesure politique qu’effective :
Je doute que ces personnes aient déjà souhaité de se rendre aux USA en raison des évènements récents, de même que leurs fonds ont déjà été gelés sur place.
Sur les noms inscrits, quelques remarques rapides :
- Kandil ne s’exprime plus depuis qu’il a été soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat de Rafic Hariri. On ne sait s’il ne s’agit pas d’un boycott volontaire des médias qui voyaient leur audimat baissée à chacune de ses apparitions dans la petite lucarne.
- Il manque à cette liste les personnes ayant géré le dossier libanais durant des années, Khaddam et compagnie par exemple, tombés en disgrâce et qui se présentent comme une alternative qu’on ne peut que regretter au régime de Bashar Assad.
- La nouvelle garde syrienne, opposée à l’ancienne garde du père Assad se trouve sur cette liste, donc cela peut être de politique étrangère de soutien à l’ancienne garde contre la nouvelle… entre la peste et le choléra…
- Autre nom qui a capté mon attention, Mrad, ancien ministre libanais et potentiellement futur premier ministre d’un deuxième gouvernement, qui pourrait être nommé par Lahoud.
D’autres mesures similaires avaient dans le temps été adoptées pour être rapidement levées.
On peut se souvenir de Joumblatt qui regrettait que les roquettes aient raté leur cibles lors de la visite de Wolfowitz à Bagdad en 2003 me semble-t-il. On peut se souvenir de certaines personnalités libanaises dont l’actuel premier ministre Fouad Saniora, interdit de visites aux USA, toujours en 2003 en raison d’une Zakat donnée à une organisation caritative saoudienne figurant sur la liste des organisations soupçonnées de financer Al Qaida. Cette interdiction avait été levée sans faire trop de bruit par la suite.
Ce genre de mesure est d’habitude donc politique et n’a aucun impact sur le terrain, ce ne sont ni des armes et au contraire, ces mesures pourraient même être néfastes aux alliés américains au Liban qui seront les cibles politiques de ceux qui dénonceront une ingérence américaine.
Cette mesure est donc un coup d’épée dans l’eau dans laquelle il faut mieux y voir une pique de la politique interne américaine agrémentée d’une pointe de politique étrangère. Bush veut réaffirmer qu’il est bien le patron de celle-ci et qu’il ne compte en rien céder ni dans son propre camp, ni à ses adversaires politiques au sujet de la politique justement qu’il mène. Le Liban est pour lui le dernier rempart non pas de la démocratie mais de la politique étrangère qu’il a mené durant ses 2 mandats, avec l’échec du processus de paix entre Israël et le monde arabe, son échec aujourd’hui en Irak, son échec à mettre fin au terrorisme d’Al Qaida, organisation sur l’agenda de laquelle désormais se trouve être inscrit le Pays Des Cèdres pour combattre justement ce qu’elle décrit comme l’hégémonie américaine au MO.

