Justice?

Le tribunal international adopté hier soir par l’ONU, quitte à décevoir quelques personnes, ne changera pas grand-chose et cela on peut en être conscient malgré les feux d’artifices, qui n’ont trouvé aucun écho du coté par exemple de Jounieh. Quand le bourreau du Liban était décédé en 1999, des personnes ont osé montrer leur joie, mitraillette à l’air et feux d’artifice seul du coté est. Nul acte pareil, si ce n’est à Beyrouth-Ouest, situation donc inversée peut-être, ce qui démontre une nouvelle fois la division grave du Pays et que mon pessimisme est à raison.

Pourquoi cela ne changera rien :

Premièrement, il ne s’agit pas d’un vote à l’unanimité.

L’abstention de la Russie et de la Chine, membres du conseil permanent, ainsi que du Qatar, de l’Indonésie et de l’Afrique du Sud révèle que malgré tous les efforts, certains pays faisaient même part de réserve quant à ce sujet. La chose la plus ridicule d’ailleurs est d’avoir eu hier Saad Hariri accuser le Qatar d’être pro-syrien et pro-iranien, oubliant surement les bases américaines qui se trouvent dans ce pays. L’impact politique général est amoindri par ses abstentions et le vote est passé tout juste, il fallait 9 voix
pour l’adoption d’une résolution, il y en a 10.

Le deuxième raison est très simple également : Il faut attendre (et toujours attendre) la conclusion du rapport Brammertz fin juin ou début juillet. Une des leçons de justice est de considérer toute personne innocente jusqu’à ce qu’elle soit jugée. Hors même après la publication du rapport Brammertz, il faudra donc attendre le jugement de cette court qui siègerait ou en Italie, ou à Chypre ou aux Pays-Bas. Les précédentes courts internationales ont mis un temps assez long à se mettre en place et à pouvoir fonctionner. L’exemple des courts de justice sur l’Ex-Yougoslavie ou sur le Kosovo ou encore le Rawnda nous le rappelle assez bien. Milosevic a même eu le temps « de se suicider ».
Si effectivement des pays étrangers se trouvent être impliqués dans cet assassinat, faute de guerre, ceux-ci ne remettront pas à la justice ces personnes. Il devra y avoir un mécanisme autre, je ne pense pas que la communauté internationale, après la bourde irakienne ira par exemple faire la guerre à la Syrie quitte à faire plonger ce pays dans une période d’instabilté. Des
sanctions économiques pourraient être instaurées, à l’image de la Lybie et de l’attentat
de Lockerbie. Mais combien de temps, le régime libyen a-t-il résisté ? Peut-on se permettre une destabilisation aussi longue du Liban? Je parlais de division en commençant ce billet mais peut-on se permettre une division aussi longue du Liban?

Plus grave est l’adoption via le chapitre 7 de la charte des nations unis. En cas de divergence avec le conseil de sécurité, le Liban peut être placé dans un régime de sanction économique voire pire mais je ne pense pas qu’on y arrive. Encore une fois, la population civile trinquera de telles mesures. Combien d’entre nous ont pris la peine de lire les chapitres 6 et 7 des nations unis et savent effectivement ce dont-il s’agit. (Cf Article 42, on ne parle pas de court de justice mais d’action militaire dans le chapitre 7). On ne peut tout de même être pour quelque chose sans savoir ce qui effectivement cette chose sous-entend.

Sur un plan maintenant plus personnel, j’estime que cette adoption démontre un point différent selon qu’on soit un Hariri ou un quidam.

Hier, Saad Hariri pleurait à l’annonce du vote. J’aurais qu’il soit tout autant ému par la mort des 27 soldats libanais décapités par les
Islamistes. J’aurais voulu qu’on parle d’un tribunal international Hariri-Fleyhane, j’aurais voulu que les 21 autres victimes soient toutes aussi « souvenus » que son père.

Au-delà de cela, j’aurais voulu non pas un tribunal international pour seul l’affaire Hariri mais pour les années d’occupations, pour les années de guerre civile qui nous a tous volé notre enfance, pour les premières victimes de cette guerre, pour les civils comme ceux morts dans l’attentat du supermarché Akiki à Antelias dans les années 80, attentat qui s’est produit 5 minutes après notre
passage, ma mère et moi dans les années 80, faisant plus de 150 morts, pour Kamal Joumblatt et pour tous les chrétiens ensuite assassinés par la suite alors que ce crime était déjà syrien, pour Bachir et Maya Gemayel, pour Tony Franjieh, sa femme et sa fille, pour un autre premier ministre Rachid  Karamé pour lequel on n’en fait pas autant, pour Danny Chamoun, pour Renée Moawad, pour Cheick Khaled qui a été assassiné et au coté duquel se trouvait un grand ami de mon père, assassiné par la même bombe, pour les 150 000 morts de la guerre civile, j’aurais voulu d’une certaine manière tous les nommer mais il semble que les libanais oublient leur
nom et surtout pour les 15 000 personnes toujours disparues, vivantes ou mortes, elles méritent plus encore une court internationale pour faire la lumière quant à leur sort.

Responsabilité politique engagée

Certaines informations font état du fait d’avoir retrouvé parmi les morts du Fatah Islam, des personnes ayant été amnistiées en 2005 par le parlement libanais.

Un petit rappel des faits s’impose. En 2005, certains députés de la majorité dont le député de Denniyé, Ahmet Fatfat, par ailleurs
aussi ministre de la jeunesse et sports et certaine autorité religieuses, notamment le moufti de la république avait conditionné la libération de Samir Geagea à celle de certains islamistes déjà impliqués dans les incidents de Denniyé fin 1999 et débuts de 2000. Ces incidents, horribles par leur caractère, ainsi des enfants ont même été décapités, démontrer une nouvelle fois que le recours à une amnistie trop facile des meurtres est très néfaste dans ce pays.

Le ministre de la défense rappelait à cet égard que 27 des  33 libanais morts ont été au premier jour du conflit avec Fatah Islam
décapitées durant leur sommeil.

Il serait déjà facile d’arrêter la.

Mais le comble de l’ironie c’est que ces mêmes personnes  arrêtées en 1999, aujourd’hui  impliqués dans l’affaire Fatah Islam ont également été arrêtés dans le cadre de l’affaire du saccage de l’ambassade du Danemark le 5 février 2006. Souvenons-nous qu’à l’époque, le ministre de l’intérieur, accusé d’avoir favorisé en ne faisant rien là mis à sac du quartier d’Ashrafieh avait à l’époque démissionné, pour revenir bien opportunément au gouvernement suite à la démission des ministres chiites, faute de quoi le cabinet actuel tombé faute de quorum. Ces mêmes personnes sont alors sorties de prison suite à des pressions de certaines autorités religieuses sur nos hommes politiques et notamment sur certains ministres et députés.

Certaines sources prétendent également que l’armée libanaise a été prise au dépourvu, le ministère de l’intérieur n’ayant pas pris la peine de mettre au courant l’institution militaire qu’une opération de perquisitions pouvant dégénérer dans le cadre du cambriolage d’une succursale de la banque Med, filiale du groupe Hariri, est en cours.

Sans vouloir aller plus loin et quel que soit le bord politique auquel on appartient, la responsabilité exigerait que ces hommes politiques soient mise en avant et jugés pour leurs actes. Peut être qu’ils n’ont pas de complicité, je ne m’avance pas sur ce chemin, c’est à la justice de le faire le cas échéant mais il y a une responsabilité de négligence manifeste volontaire.

On ne libère pas des assassins et des brigands récidivistes à de nombreuses reprises si facilement, on ne libère pas ce genre de personne pour des raisons politiciennes, mais surtout on assume ses responsabilités en prévenant de tels incidents ou le cas échéant en démissionnant de ses fonctions pour les faire assumer à d’autres.

Je reprends ma plume … l’espace d’un saut d’humeur

Je m’étais résolue dernièrement à me placer dans le rang de spectateur, d’observer le silence allant même jusqu’à l’étouffement des cris des mots stridents et des paroles perçantes. Une sorte d’exercice de « terrorisme » envers ma plume, puisque ce terme est à l’ordre du jour ces temps-ci.

Les mots cognaient en moi, s’agitaient, bouillonnaient … Des mots d’amour, de plaisir, de désir, de paix, de tendresse, à l’égard de celui que je garde précieusement dans mon palpitant, côtoyant des mots de haine, de dégoût, de répulsion, d’hostilités, de révoltes vis-à-vis du peuple avec qui je n’ai pas choisi de vivre et de porter la même nationalité.

J’avais tout simplement opté pour une sorte de retenue à l’expression de ce qui remue en moi par le biais de ma plume, préférant de vivre pleinement mon beau roman, ma belle histoire, comme le disait la chanson, et adoptant une attitude de désinvolture envers mes concitoyens tribaux, chacun sa route, chacun son chemin, en dépit du fait que nos chemins se croisent sur le terrain du même pays.

Cependant, dans le capharnaüm fondamentaliste que tente je ne sais quel diable d’imposer sur le pays des cèdres, il y eut un fait qui m’a mis hors de moi, et que j’aimerai partager avec le plus grand nombre possible de personnes, rien que pour braquer les projecteurs sur notre point de faiblesse majeur : l’absence d’un patriotisme essentiel envers le Liban.

Le seul épisode qui a soulevé mon être tout entier, c’est la quasi banalisation du martyr des braves soldats de la grande muette libanaise, de la part des autorités, comme de la part de la multitude. Tout ce que notre état a trouvé comme témoignage ou hommage, c’est l’observation de dix minutes de suspension des travaux en signe de respect et de reconnaissance à 31 preux militaires assommés par des plèbes ennemis de l’humanité, alors qu’une journée de deuil national aurait du être imposée. Quant à la population libanaise, au lieu de s’unir face à ce drame, les rengaines louant leurs chefs de files rituels ont fusé de partout, montrant du doigt l’enfer qu’est l’autre, omettant certainement de se regarder afin de découvrir la géhenne ténébreuse que représentent leur ignorance et leur égocentrisme.

L’histoire se répète, les réactions maladroites se réitèrent, les drames sanglants se reproduisent, les ténors politiques reviennent, et les prises de positions erronées se renouvellent. J’attends la fin de ce cauchemar, pour émettre un jugement catégorique sur l’attitude des fils de ma terre.

En fin de compte, si l’âme de ces valeureux martyrs de l’armée libanaise tombés sur le champs d’honneur ne va pas nous unir et ne va pas susciter en nous un amour du pays capable de soulever des mers d’occupations et des océans de tutelle étrangère à toutes les sauces, en vertu d’un avenir meilleur dans notre contrée, plus rien ne pourra justifier l’existence de notre patrie. A bon entendeur …

Lecture conseillée

Lecture conseillée du dernier billet de Marie Josée qui reprend sa plume :

http://lebanon.typepad.com/mariejosee/2007/05/je_reprends_ma_.html#comment-70573600

Je devrais ajouter une chose:
Tous les morts pour la nations sont des martyrs qui devraient être également respecté pour avoir donné la vie et cela quel que soit leur rangs.

Je ne comprends pas qu’on ait accordé un deuil national de 10 min pour plus de 60 soldats de l’armée libanaise mort au combat et souvenons nous des 3 jours pour Rafic Hariri.
Eux savaient qu’un jour ils allaient peut être mourir au combat, ils en avaient sciemment conscience et encore plus grand si besoin est de le dire leur martyr est en raison de cela

L’armée doit rentrer dans les camps palestiens au Nord Liban, au Sud Liban et dans la Békaa

Le gouvernement libanais actuel refait les mêmes erreurs, celle du passé, celle du début de la guerre civile, celle de l’accord du Caire.

Le gouvernement libanais a décidé d’ajourner le conseil des ministres extraordinaires discutant de la situation suite à la proposition de l’institution militaire de pénétrer à l’intérieur du camp de Nahr Bared pour faire face au groupuscule islamique Fatah Islam, au cours d’un débat gouvernemental haut en couleur, certains prétextant que le Liban applique toujours les accords du Caire de 1969, accord qui fut la première défaite d’un Liban réellement souverain sur l’ensemble de son territoire, accord qui permit la déstabilisation de l’État libanais, accord qui rendit la guerre civile possible en 1975. Il ne suffit pas comme ce fut le cas en 1973 de bombarder les camps palestiniens pour qu’ils désarment.

Au lieu de cela, il attend l’hypothétique et l’improbable action du Fatah de Mahmoud Abbas en face à ces groupuscules islamiques,  déniant au passage la notion même de souveraineté de la république libanaise sur l’ensemble de son territoire.

Il n’a également rien appris de l’erreur Israélienne en matière de stratégie militaire :

L’armée libanaise bombarde tout comme l’armée israélienne bombardait avec ses avions.

Seulement, seule une opération terrestre comme le propose l’armée libanaise peut venir à bout de ses extrémistes. La défaite faute
d’opération terrestre contre les bases mêmes souterraines sûrement de ces islamistes et leurs dépôts d’armes sera lourde de conséquences, ce sera l’aveu de la puissance à nouveau du gouvernement et de l’État libanais.

Le gouvernement libanais doit donner son accord pour que l’armée libanaise pénètre à l’intérieur des camps palestiniens ou démissionner en raison de son incapacité latente à gérer des situations de crises, son manque de vision par rapport aux incidents, je ne peux croire qu’en 2 ans de mandat, il n’a pas pu agir pour empêcher Fatah Islam de pénétrer en territoire libanais. Il est coupable de négligence et sera coupable du pire s’il ne prend pas les mesures nécessaires comme celle de permettre à l’armée libanaise d’entrer dans tous les camps palestiniens et de désarmer les milices palestiniennes et cela quel que soit le mouvement Fatah lamba ou béta.

ca ne vous rappelle rien ?

Lu dans L’Orient, hier à Gaza:

« Dans le même temps, le président palestinien Mahmoud Abbas, qui devait  se rendre à Gaza pour discuter de la trêve entre le Fateh, son
mouvement, et les islamistes du Hamas, a annulé sa visite sine die. De hauts responsables sécuritaires ont affirmé hier que la visite de M. Abbas a été annulée après la découverte d’un tunnel bourré d’explosifs, placés par la branche militaire du Hamas, qui devaient exploser au passage de son convoi. Une source au bureau de M. Abbas a confirmé l’information. Le porte-parole de la branche armée du Hamas a toutefois nié fermement toute tentative d’assassinat de Mahmoud Abbas. »

ca ne vous rappelle rien ?