Archive for April, 2007

 

Hommage …

Apr 30, 2007 in Uncategorized

Gp1
Il se fait un peu de temps que je n’ai pas posté de billets
sur ce blog, la raison en est simple, je ne savais pas quoi dire.

Il se fait cependant que j’avais quelque chose de personnel
à dire.

Dimanche, a eu lieu la deuxième commémoration annuelle du
décès de mon grand-père.

L’année dernière déjà, je n’en avais pas parlé, estimant
devoir se séparer cette vitrine personnelle mais qui ne l’est pas et ma vie
réellement privée.

Peut-être que j’ai changé d’avis, ou plutôt que j’aimerais
coucher quelques pensées.

Mon grand-père, nous sommes grand-père que j’ai connu
d’ailleurs, n’a pas souffert de sa mort. Il est mort brusquement un mercredi
dans la matinée. Cette matinée la, ce mercredi-là, je devais me rendre à son
domicile. Malheureusement, un empêchement de dernière minute a eu lieu. Ma
tante française était au Liban. Je me suis rendu dans un de nos domiciles, pour
téléphoner à un autre domicile et c’est ainsi que ma tante française m’a dit
qu’il se pouvait que mon grand-père soit mort. J’en avais averti ma soeur
alors.

J’éprouve toujours un certain regret de ne pas être allé lui
dire un dernier adieu.

Des histoires de mon grand-père, je pouvais en raconter des
tonnes. Quelques jours avant sa mort, d’une crise cardiaque fulgurante, il
avait rêvé qu’un cavalier blanc très beau dit-il venue le chercher. Il avait
répondu alors que ce n’était pas encore le moment. Peut-être, un rêve
prémonitoire…

Mais c’est avant tout un hommage mon grand-père que
j’aimerais pour une fois écrire.

Mon grand-père aurait pu vivre une enfance est riche et
heureuse, mais à l’âge de trois ans la diphtérie a emporté ses deux parents.
C’était durant la première guerre mondiale, vers 1915, 1916. Enfants riches de
personnes immigrées au Brésil et revenus au pays, sa soeur et lui fut recueilli
par des oncles qui les dépouillèrent petit à petit, sous le prétexte de leur
payer des habits ou de les nourrir.

C’est à l’âge de 13 ans que mon grand-père conclut ce
premier à faire. À cet âge-là, il eut une sorte de contrat dans la
charpenterie. Il eut alors une livre or.

De sa vie, il eut de cesse que de reconstituer le patrimoine
de ses parents. C’est ainsi, sur acheteur petit à petit les terrains familiaux,
et les boutiques familiales.

Par un mariage, il eut également une maison, celle dont le
terrain nous appartient aujourd’hui depuis plus de 300 ans.

Conseiller municipal de la ville de Douma, et fut parmi les
prédécesseurs. Ainsi, avec l’argent récolté des immigrés de Douma, il fut de
ceux tirs amenèrent l’électricité dès les années

50. L

‘action numéro un de
l’hôtel nous appartenait également.

Mais cela est bien matériel. Orphelin, il voulait offrir la
meilleure éducation à ses enfants. De son patrimoine reconstitué, il n’hésita
pas, une partie s’en séparer pour payer des études à ses enfants. Ainsi, mon
père fut envoyé dans les meilleures écoles des années 50 et 60 au Liban,
collège patriarcal, études à l’étranger pour devenir médecin et médecin reconnu
il le fut et l’est.

Mes oncles eurent cette chance également.

C’est ainsi, que mon père a également eu la chance de faire
devenir ce que je suis aujourd’hui.

Mais, je ne devrais pas parler de moi-même.

Beaucoup de personnes connaissaient mon grand-père, pour ses
conseils commerciaux ou dans la vie, pourrait devenu le sage du village, pour
ces histoires anciennes, mais ne parlant pas tellement arabe, je n’ai pas pu
profiter de cette sagesse.

Nous avons eu cependant quelques intérêts communs, notre
attrait de l’histoire en est, notre intérêt est pour l’histoire familiale en
est un autre.

Je me souviens que n’avait offert par exemple mes premières
pièces de monnaie ancienne, il s’agissait de pièces ottomanes qu’il avait
lui-même déjà collectionné. Je me souviens de la manière avec laquelle, quand
j’étais gamin, ont joué. Mon regret aujourd’hui c’est d’avoir cette impression
de ne pas bien le connaître ou d’avoir le temps de penser mieux le connaître.
Malheureusement de temps, on n’en a jamais assez.

Et donc, je conclus simplement ce billet en vous demandant
de passer plus de temps avec aux aînés, vous apprendre à les connaître et ainsi
peut-être aller admirer pour ce qui furent. En tout cas, on ne peut vivre dans
l’ignorance de son propre passé.

Pour ma part, je peux juste conclure que je suis fier de mon
grand-père qui a su dans sa vie faire face au pire pour donner le meilleur à
ses enfants et qui a su en fin de compte devenir quelqu’un par lui-même dont on
peut justement être fier

2 articles identiques mais …

Apr 28, 2007 in Actualité

2 titres différents

ainsi le Nahar titre:

U.N. Chief:
Michel’s Talks Didn’t Produce ‘Any Positive Development’

alors que le titre de la dépêche initiale de l’AP était le suivant:

AP
Interview: U.N. secretary-general urges Lebanese parliament to approve tribunal
before its term ends in May

D’un coté, on sous-entend qu’on s’achemine de manière quasi sure vers l’adoption du tribunal via le chapitre 7 de l’ONU, de l’autre, on garde espoir que ce tribunal soit adopté avant fin mai par le parlement libanais.

Ah oui, combien d’entre nous ne lisent que les titres ?
Ca nous influence non ?

Les leçons de l’histoire : 13 avril 1975, 26 avril 2007

Apr 27, 2007 in Citoyen

Le 13 avril dernier, nous avons pour la première
fois commémoré le début de la guerre civile en ostracisant nos vieux démons.
Ainsi, en lieu et place de l’amnésie collective, le bus, « qui provoquant
la guerre civile », fut exposé au public, rouillé, souillé, mais cependant
toujours, un monument oublié de la mauvaise conscience collective.

 

Le 26 avril dernier, nous avons pour la deuxième fois commémoré le
retrait des troupes syriennes du Liban. Ce que nous n’avons pas réussi par la
guerre civile, nous l’avons obtenu de manière pacifique, par la main tendue
entre nous-mêmes, nous le peuple. Nul besoin de rappeler le fameux serment du
14 mars 2005 porté par la voix de Gébran Tuéni :

« Au nom du dieu tout-puissant, nous faisons le serment,
chrétiens et musulmans, de demeurer unis éternellement, pour défendre notre
majestueux Liban. Longue vie à vous et que vive le Liban »

 

Nous libanais, nous devons apprendre de notre passé cette tentative
d’assassiner notre jeunesse ne doit pas nous détourner de nos buts. Nous les
jeunes, avons réussi là où nos aînés n’avaient tout d’abord pas appris, puis
avaient versé leur sang inutilement.

1975, nos parents n’étaient que dans leur trentaine ou leur
vingtaine, et n’ont pas pu ou su empêcher la série d’événements.

 

Déjà, en 1975, nos hommes politiques furent victimes d’attentats.
L’assassinat en mars du député nassérien Marouf Saad à Saïda ne déclencha pas
la guerre civile. Elle n’a fait qu’exacerber les tensions déjà latentes pour
que se produise une nouvelle étincelle, celle par laquelle le pire arriva.

 

Ce ne fut que parti remise à un jour d’un 13 avril. Les corps de
quatre partisans des Kataëb furent retrouvés atrocement mutilés. Une rixe à Ein
Remeneh entre dit-on d’un garde du corps de Pierre Gemayel et un palestinien dégénéra.
Des combattants palestiniens, revenant d’une cérémonie eurent la malchance de
passer par ce même quartier un peu plus tard. Leur bus, entouré par la police
libanaise, fut pris pour cible par un tireur inconnu.

 

Rapidement, à l’annonce de ces morts, de cette vendetta peut-être,
la situation dégénéra.

Pour éviter le pire, mais surtout pour désigner des coupables-innocents
et ainsi éviter la prolongation de la déstabilisation, quatre hommes du parti
Kataëb furent remis à la sûreté générale dirigée à l’époque par un certain
Antoine Dahdah soumis aux pressions politiques. Cependant, des notes des
services sécuritaires ont depuis accusé sous le sceau du secret des personnes
liées à un autre parti, le P. S. N. S.

 

On pensait la guerre civile être courte comme celle de 1958, elle
dura cependant 15 ans, 15 ans de souffrances inutiles, 200 000 morts,
17 000 disparus toujours à l’heure actuelle considérés comme mort par
notre gouvernement suite à un décret de 1995. Le Liban a subi 3 invasions,
l’invasion syrienne de 1976 et les invasions israéliennes de 1978 et 1982.

30 ans après, le Liban jeune de sa nouvelle indépendance pour ne pas
dire l’indépendance retrouvée subit à nouveau les tentatives de déstabilisation
politique.

 

Assassinats de Rafic Hariri et de 22 deux autres personnes comme
Bassel Fleyhane à l’origine de cette indépendance retrouvée, assassinats
ensuite de Samir Kassir, cerveau du mouvement d’indépendance, de Gébran Tuéni,
auteur de ce fameux serment déjà cité, George Hawi, Pierre Gemayel, le
petit-fils du Pierre Gemayel de 1975, tentatives d’assassinats contre le ministre de la Défense, Elias Murr,
contre la journaliste May Chidiac.

 

À ces assassinats d’hommes politiques, se succèdent aujourd’hui des
assassinats de personnes, civils innocents, jeunes et moins jeunes. Du double
attentat d’Ein Alak en janvier, des troubles et des émeutes qui ont pris trois
vies un jour du 25 janvier 2007, à aujourd’hui, moment où la jeunesse libanaise
se trouve être meurtrie dans sa chair par cet odieux acte d’assassinats d’un
adolescent de 12 ans et un jeune homme de 25 ans, l’objectif reste le même :
celui de relancer le cycle de la violence, de replonger le Liban dans ses vieux
démons sectaires et confessionnels.

 

Prouvons que nous Libanais, nous ne recommençons pas les erreurs de
nos aînés. Ceux qui  déjà accusent fort
de leurs incertitudes tel ou tel parti n’ont rien appris de l’histoire de notre
passé, accusant peut-être des coupables innocents tel que ces 4 Kataëb de 1975,
voulant ainsi peut-être éviter le pire mais conduisant un peu plus le Liban
vers ce pire.

 

Ne devenons pas complice de cette entreprise criminelle en nous
précipitant dans des accusations sectaires, saluons tous ceux qui, aujourd’hui
fort des leçons de l’histoire, se refusent à ce que plus de sang ne soit versé,
et laissons la justice suivre sereinement son cours, à l’abri de toute pression
et ainsi pouvoir trouver les coupables réels de cette série de tentatives de
déstabilisation dont ce double assassinat n’est qu’un épisode odieux qui,
espérons, sera le dernier.

 

C’est ainsi, que justice se doit d’être faite, justice qui doit nous
exorciser de nos démons, justice qui doit nous unir et justice n’en sera que
plus forte, unissant tous les Libanais autour du verdict des coupables.

 

Après tout, ce n’est pas seulement de jeunes personnes qu’on a
assassiné, mais le Liban entier, celui de Gébran Tuéni qu’on a tenté
d’assassiner ; Liban, chrétiens et musulmans, quelle que soit notre
religion et notre communauté, unis dans la douleur au-delà de nos différences
politiques bien légitimes dans une démocratie, et surtout ce Liban et sa
jeunesse héroïne de son indépendance obtenu pacifiquement qui est aujourd’hui
meurtrie dans sa propre chair.

Confusions…

Apr 26, 2007 in Actualité

Lu ce matin dans libnanews :

« Confusion dans les médias

Certains médias libanais ont en effet
suggéré que cette affaire serait liée à l’assassinat d’un partisan de
l’opposition, Adnan Chamas lors des émeutes qui ont secoué la capitale
libanaise le 25 janvier dernier, suite à une rixe entre sympathisants de la
majorité de l’opposition. Celle-ci avait rapidement dégénéré en combat de rue
dans les quartiers mixtes sunnites et chiites. Ainsi le journal
pro-gouvernemental An Nahar a révélé que des témoins de l’enlèvement ont pu
relever le numéro de la plaque minéralogique d’une des voitures ayant servi au
kidnapping. Le véhicule possédant le numéro indiqué appartiendrait au frère
d’Adnan Chamas.

Le quotidien arabophone As Safir a de son
côté indiqué que le véhicule des deux personnes kidnappées a été intercepté à
Ein el Remmeneh. Ils auraient alors été extirpés de ce véhicule et conduits dans
un lieu qui reste inconnu. La Renault Rapid aurait été de son côté retrouvé à
Chiyah, dans la banlieue sud de Beyrouth.

Des sources sécuritaires ont indiqué au
quotidien anglophone DailyStar que le lieu de l’enlèvement n’a pas encore été
déterminé, certains indiquant que celui-ci aurait lieu à Dbayeh.

La famille Chamas, dans un communiqué lu par
ses notables, a démenti hier être à l’origine de tels enlèvements. Cette
famille a par ailleurs déclaré regretter que la justice libanaise n’aie pas
poursuivit son cours dans le cadre de l’assassinat d’Adnan Chamas. »

Certains dont le ministre de l’information accuse déjà un
parti de l’opposition d’être impliqué d’une manière ou d’une autre dans cet
acte.

Cependant, je doute qu’on puisse déjà avoir des informations
sur les motivations de cet enlèvement alors que l’enquête n’est pas bouclée,
alors que le mobile n’a pas été déterminé et alors qu’on ne sait pas exactement
où ces personnes aient été enlevés.

Ne déstabilisons pas le Liban en lançant des accusations
pour le moment non fondées. On parle de Dahieh, très bien mais dans ce cas, les
entrées de Dahieh étant actuellement contrôlées par les forces de sécurité
depuis le 25 janvier dernier, les ravisseurs auraient-ils pris ce risque. J’en doute
fort.

On parle maintenant d’Ain Remeneh, il me semble qu’il s’agisse
une composante chrétienne bien précise du 14 mars qui avait instauré à un
moment des barrages à Ein Remeneh le 25 janvier dernier, nous ramenant 20 ans
arrière.

On parle également d’un enlèvement à Dbayé.

Quoi qu’il en soit, avant de rentrer dans le jeu des falsifications
des faits, les supputations et autres suppositions, des accusations, des
invections rhétoriques, je tiens tout d’abord à souligner le rôle néfaste des
médias.

Tout d’abord, dans ce genre d’affaire où les premières heures
sont importantes, facilitons la tâche des forces de l’ordre en leur permettant
de se concentrer sur les recherches des personnes disparues et non sur la
stabilisation politique du pays.

Deuxièmement, la multiplicité des informations données par
les médias libanais ressemble plutôt à un relais de rumeurs non fondées
aggravant  la situation déjà tendue. La
responsabilité première des médias n’est pas de rentrer dans le
sensationnalisme mine dans la description des faits. Selon qu’on lise tel ou
tel journal ou plutôt un tel ou tel canard à sensation j’irais jusqu’à dire, on
se retrouve partisan non éclairé d’un certain scénario aboutissant à l’extrémisation
comme d’habitude des masses. Les journaux libanais ont déjà une responsabilité
gigantesque dans la vision sectaire du peuple en raison de la manière dont ils
analysent et rapportent les faits. Ainsi, on ne peut être étonné de la manière
dont directement, le Nahar rapporte les faits alors qu’il s’agit d’un événement
récent.

Ici j’appelle les journaux à devenir responsable du message
qu’ils véhiculent. Laissons donc la justice trouver la vérité calmement, sans
dérive sectaire, sans vision sectaire, et cela dans l’intérêt non seulement les
deux disparus mais du Liban en entier.

Une routine mortelle

Apr 24, 2007 in Actualité

Ainsi, dans leur déclaration quasi quotidienne, nos chers
dirigeants illuminés des montagnes se lancent dans les litanies dont ils nous
ont habitués jusqu’à présent.

 

À l’exemple d’un disque rayé, répétant le hit d’un succès
passé, nous refaisant une diffusion en heure tardive d’un show déjà montré à
maintes reprises, Joujou de la montagne et son compère Gaga à l’image des
comiques de Laurel et Hardy, vous aurez compris qui est qui, se lancent dans
leurs joutes verbales habituelles contre le Hezbollah.

 

Une des leçons de stratégie, notamment présente dans l’art
de la guerre du roman millénaire Sun Tzu, fait que ceux qui détruisent ou
paralysent sont les maîtres du jeu. La paralysie actuelle des institutions
démontre en effet qu’on le veuille ou pas, que l’opposition a gagné.

 

Au lieu de s’acharner dans des rhétoriques verbales, nos
hommes politiques ont démontré leur incapacité à traiter avec la réalité :

 

La réalité est que le Liban se trouve être actuellement
bloqué, en raison de l’absence d’un consensus non pas par l’absence de
l’opposition au sein d’un gouvernement, ou en ce qui concerne le tribunal
international mais en raison d’un manque de consensus au niveau du projet
politique concernant l’avenir même du pays.

 

Les Libanais, dont les communautés ont été transformées en
pion de jeu d’échecs n’ont pas conscience de la réalité du jeu justement
politique qui est en cours.

 

Quel Liban voulons-nous, j’avais déjà dis dans un de mes
précédents billets.

 

Le modèle de coexistence que dit défendre notre seigneur de
Moukhtara quand lui-même a remis en cause par des massacres cette coexistence ?
La diversité du Liban quand celui-ci a nettoyé ethniquement parlant son fief ?
Ce ne sont que des paroles lancées en l’air par rapport au fait de sa
politique, qui a consisté à exacerber les communautarismes pour soi-disant la
sauvegarde de sa communauté justement mais en fait pour la sauvegarde de ses
intérêts.

 

Parlons donc de l’illuminé des cèdres. Le projet de
fédération des forces libanaises est tout d’abord une aberration. Cela équivaut
tout d’abord à nier le concept de coexistence dont il se veut l’étendard avec
ses alliés. Le Liban est ensuite trop petit et trop peu hétérogène pour qu’un
projet fédéraliste puisse marcher. Le Liban mourra dans une implosion dont on
se souviendra. Il réclame ensuite un tribunal international pour les crimes
commis durant la guerre israélo-libanaise de juillet dernier. Semble-t-il
oublier le sang des martyrs qu’il a lui-même assassiné, le sang des enfants de
sa patrie qu’il a fait couler.

 

Un tribunal international, oui, les deux le méritent pour
leurs crimes commis durant la guerre civile. 200 000 personnes sont mortes, 17
000 personnes sont toujours disparues, on estime seulement à 3000 le nombre de
personnes disparues par une implication syrienne, 6000 disparus lors de
l’invasion Israélienne de 1982, mais le solde reste celui des milices dont
certaines ont été dirigées par nos deux compères et complices antagonistes de
l’assassinat d’un Liban fort.

 

Mais le tribunal international ne nous fait-il pas oublier
la questions la plus fondamentale : quel Liban voudrait-on ?

 

Le modèle de coexistence libanaise ne peut exister sans
pouvoir fort. À l’image de l’ex-Yougoslavie qui s’est effondrée à la mort du
maréchal Tito, donc à la mort d’un pouvoir exécutif fort, à l’image de la
guerre civile du Liban, à l’image du Rwanda, à l’image de tout pays qui s’est
doté d’institutions exécutives qui ne sont pas fortes, cela ne marche pas.

 

Ceux qui veulent continuer de promouvoir ce modèle de
coexistence mettent en avant pour contrer tout autre modèle les risques de
transformer la soi-disant démocratie libanaise en dictature. Cependant le
régime fort ne veut pas dire un régime automatiquement non démocratique. On
peut très bien obtenir une stabilité politique et démocratique à l’image de la
Ve république française. On avait d’ailleurs déjà entendu les mêmes critiques
de la part de certains politiciens français pour lqui a quatrième république
française était morte et enterrée.

 

Une autre raison pour l’émergence d’un pouvoir exécutif fort
serait simplement l’environnement géopolitique du Liban. Nous ne pouvons
changer et déménager le Liban, le Liban sera toujours coincé entre l’État
hébreu dont la constitution ne reconnaît aucune limite géographique, donc par
définition impérialiste, et une Syrie qui malgré les rêves de certains ne sera
pas démocratique avant longtemps, au bout de 60 ans de dictature, on ne peut
instaurer une démocratie mais plutôt un vide politique.

 

Cependant, un régime fort n’est pas dans l’intérêt bien
compris de certains politiciens. Les seigneurs féodaux en particulier, ceux qui
croient détenir la lumière et surtout le leadership de leur communauté
verraient ainsi leur pouvoir actuel fondre telle la neige au soleil. La
démocratie qu’ils semblent aujourd’hui vouloir défendre est également
antagoniste par rapport à leurs intérêts bien compris, la démocratie réelle
permettant l’émergence de nouveaux dirigeants, ou devrais-je dire plutôt de
concurrents.

 

Ces personnes jouent donc un numéro de funambule,
d’équilibriste, voulant donner l’image de personnes propres tout en étant
elles-mêmes sales du sang qu’elles ont fait couler. Équilibristes aussi, leurs
intérêts étant sur un fil du rasoir, ne pouvant accepter un pouvoir fort,
disant défendre la démocratie, mais quand le système sera démocratique, elles
voudront détruire cette démocratie qui pourrait les détruire.

 

Et les Libanais, simples citoyens, n’ont pas conscience dans
ce jeu, dans ce projet de société dont ils font l’objet sans même le savoir, un
projet de société non pas pour eux, mais pour quelques nantis d’une oligarchie,
c’est la même qui décide de la destinée du Liban, celle-là même qui croit avoir
droit de vie ou de mort et qui assassine un pays en entier par son
intransigeance.