Al Qaida or not Al Qaida, that’s the question
mar 14, 2007 in Actualité

Grande première dans l’histoire moderne du Liban, post
occupation syrienne : Hier a donc été arrêté un réseau terroriste qui
serait impliqué dans le double attentat des bus d’Ein Alaq, lié au groupe Fatah
Islam, issue lui-même d’une scission avec le Fatah intifada.
Mais tout cela reste tout de même assez confus :
Tout d’abord on a fait part de l’arrestation de 6 personnes
pour un réseau comprenant 8 personnes. Aujourd’hui cela ne serait plus que 4
personnes en geôle. Bon, le réseau est toujours sous les verrous, ce n’est pas
la le problème.
La confusion reste avant tout politique :
Quand on observe la chronologie des annonces de l’arrestation :
Tout d’abord le premier média qui a annoncé cette
arrestation est le naharnet, parlant d’un groupe syrien.
Ensuite la nouvelle a été reprise par l’AFP qui a apporté
petit à petit des précisions.
Plus tard dans la soirée, la même agence de presse,
interviewant un ministre du gouvernement sous couvert de l’anonymat parlait d’un
réseau Al Qaida.
Encore plus tard dans cette même soirée, ce réseau dépendait
cela le ministre de l’intérieur non pas d’Al Qaida mais des services de
renseignements syriens.
Aujourd’hui, lisant la presse étrangère, comme libération par exemple, la filiation avec
Al Qaida est mise en avant à nouveau, la presse gouvernementale libanaise elle répercutant l’information du ministre de l’intérieur.
Il y a quant même la matière à réflexion. Est-ce Al Qaida,
les services de renseignements syriens ou les 2 liés.
Il est vrai que la Syrie a, à un certain moment,
instrumentalisé Al Qaida au début de la guerre d’Irak comme elle avait procédé
avec les factions libanaises au début de la guerre civile de 1975.
Pour rappel, comme je l’ai fais remarquer Fatah Islam est
issu du Fatah Intifada, créé en 1983 par Assad père dans le but de concurrencer
le Fatah de Yasser Arafat. On connaît l’histoire de l’instrumentalisation de la
Saïka palestinienne dirigée par l’ancien président du Vice syrien, Khaddam qui
est, faut quant même le dire aujourd’hui l’allié de la majorité actuelle, des
massacres de Damour en 76, donc au point de vue de l’instrumentalisation de
mouvements palestiniens, la Syrie a, il est vrai, une expérience que nul ne
peut égaler. Idem, durant la guerre civile au niveau de la gestion comme
intermédiaire des différents attentats organisés dans le cadre d’un marchandage
de donnant-donnant entre les différents partis libanais, certains étant
officiellement alliés, d’autres officiellement ennemis.
Cependant, les services de renseignements occidentaux prétendent
à juste titre aujourd’hui que la Syrie a perdu le contrôle sur les groupuscules
terroristes liés à Al Qaida en Irak et que ceux-ci, comme l’avait très bien
déclaré Zarkaoui avant sa mort, envisageaient l’élargissement de leur soi-disant
lutte à la Syrie et au Liban. Le régime baasiste et le dogme d’Al Qaida s’accordent
très mal. Ajoutons quant même que le régime de Bachar, allaouite est considéré
comme une hérésie pour les extrémistes musulmans qui composent Al Qaida. Il ne
faut pas oublié que les USA ont instrumentalisé Al Qaida en Afghanistan contre
les soviétiques et qu’ils en ont perdu le contrôle également, on connaît la
suite des évènements.
Ajoutons à cela qu’on a déjà eu des opérations d’Al Qaida au
Liban et notamment les tirs de roquettes à partir du territoire libanais un 27
décembre 2005 contre le nord d’Israël dans une tentative de provoquer à l’époque
un conflit avec l’état hébreu et déstabiliser encore plus la situation interne
au Liban.
La situation reste donc encore plus confuse.
Il est aussi assez intéressant de remarquer que ce groupe s’autofinançait
d’après L’Orient le Jour d’aujourd’hui et ne profitait donc pas de largesses
étrangères, preuve encore une fois, si on lit entre les lignes, que cela sous
entend une certaine liberté d’action dans la prise de leur objectifs et
souligne une certaine indépendance donc par rapport à Damas.
Cependant, pour moi, depuis assez longtemps je sentais qu’il
y avait quelque chose qui clochait, ces attentats visant exclusivement des
personnalités chrétiennes, mis à part Hariri.
Il y a une théorie assez intéressante à ce propos :
Oui les premiers attentats se sont fait à la demande des
autorités syriennes mais celles-ci auraient par la suite perdu le contrôle au
Liban également de ces groupuscules qui auraient alors eu pour objectifs
1- de déstabiliser le Liban et la Syrie
2- de provoquer la chute indirectement du pouvoir syrien dans l’optique d’un
possible élargissement du conflit irakien à la Syrie, et comme le rappelait si
bien Zarkaoui : « il fallait porter le Jihad aux portes de la
Palestine »
3- etc…
A partir de là, la question de la présence ou non d’Al Qaida au Liban ne
se posait plus. On peut remarquer que la confusion s’inscrit également dans
notre cher gouvernement
Ahmet Fatfat n’avait-il par reconnu la présence d’Al Qaida
au Liban avant de se rétracter. Le ministre de la Défense, Elias Murr, n’en avait-il pas également fait allusion au mois de Janvier.
Les autorités libanaises n’avaient-elles pas donné des garanties contre la non attaque des bases de la FINUL, les états des contingents étrangers faisant eux part de menaces Al Qaida, notamment par l’intermédiaire de certains services de renseignements?
Même un général israélien avait une fois publié un rapport
disant que la meilleure protection de la FINUL contre des attentats terroristes
d’Al Qaida était encore le Hezbollah d’ailleurs.
Pour revenir à la confusion, si effectivement, il s’agit d’Al
Qaida et non des services de renseignements syriens, pourquoi y a-t-il une
version officielle selon laquelle, tous les maux dont souffre le Liban sont d’origine
syrienne, on reprend les propagandes qui accusaient Israël dans le temps et on
remplace Israël par le maux Syrien pour ne pas dire le mot syrien et une version officieuse, celle de l’AFP qui
citant anonymement un ministre liait ce réseau à Al Qaida, accusation depuis reprise par les médias occidentaux comme Le Monde, Le Figaro, Libération etc…
Tout simplement, parce que si effectivement il s’agissait d’Al
Qaida, cela renforcerait les craintes de guerre de religion, de conflit
confessionnels entre chiites et sunnites, entre chrétiens, qui ont été jusque
la majoritairement ciblés et musulmans. L’image Al Qaida nuit également aux
projets de certaines personnes dont Walid Joumblatt, sponsors auprès de l’occident
d’une prise de pouvoir en Syrie par les frères musulmans, organisations dont on
ne peut ignorer les liens avec Al Qaida justement.
Le deuxième intêret serait de donner des balles diplomatiques à Javier Solana à la veille de sa visite à Damas, pour discréditer les autorités syriennes par rapport aux propos qu’elles tenaient dernièrement ou encore pour appuyer un peu plus le projet de certains comme je le sous entendais auparavant. La partie d’échec qui semble s’annoncer à Damas ou de poker menteur semble être passionnante. On verra bien quels en sont les résultats prochainement.
Comme quoi, mieux vaut trouver un bouc émissaire politique
et toujours se voiler la face au lieu de traiter les causes réelles du problème
au Liban.
Je ne cesserais de le dire, la loi libanaise se doit d’être
respectée sur l’ensemble du territoire libanais, y compris les camps
palestiniens qui sont sources d’instabilité.
Avant d’accuser les autres, l’étranger, les graines de la
discorde et de la haine réciproque à base sectaire sont avant tout déjà parmi nous. Avant tout, unissons
nous contre la violence, unissons nous contre les dangers qui menacent une partie
d’entre nous. C’est tous ensemble que nous pourrons les vaincre.




