Archive for March, 2007

 

Ryadons un peu ensemble

Mar 28, 2007 in Citoyen

Cedre_2
La crise politique libanaise s’exporte même à Ryad ou la
délégation présidentielle affronte la gouvernementale. On tapisse ainsi de
notre crise bien libanaise, devenue au même titre que l’industrie du tapis
perse, les discussions du sommet de la Ligue des impuissants Arabes.

Impuissance … le mot est lâché, comme si la situation au MO
n’était pas déjà critique. Entre crises palestino-israéliennes, crises
irakiennes, crises à rebondissement au Liban ou crise interminable, les pays
arabes ont démontré leur incapacité devenue aujourd’hui notoire de ne pouvoir
rien résoudre.

Impuissance à régler une crise qui dure et qui perdure. La
communauté internationale, la Ligue Arabe par son secrétaire général, nos
grands parrains, frères ou sœurs s’y sont également attelés et jusqu’à présent
aucun résultat.

Résultat en attentat à défaut d’être en attente, chacun, au
lieu de fourbir ses armes politiques au sens figuré s’occupe de celles au sens
propre.

Et en attendant, la réponse à cette crise ne peut être
libanaise alors que nos chers dirigeants pro ou anti syrien, américain,
martiens selon l’optique dans laquelle on se place ont prouvé au monde entier
notre inaptitude à être un pays à part entière. Les pays arabes, nos soi-disant
frères, ont réussi à se construire au-delà de leur différence, un sentiment de
nation et d’état pendant que nous au Liban, nous continuons de nous déchirer
par communauté et sectes religieuses.

Au lieu de régler notre chère crise politique devenue
maladie chronique, les ingérences extérieures se multiplient de part et
d’autres, initiatives arabes, irano-saoudiennes et toutes se terminent sur un
constat d’échec.

Avant d’accuser nos voisins qu’ils soient syriens et
israéliens, faisons avant tout notre propre mea-culpa. Ils n’ont su que
profiter des faiblesses de notre système politique.

Nos divisions reflètent également avec le discrédit de
l’ensemble de nos institutions, qu’elles soient présidentielles avec
l’extension du mandat de Lahoud les bains en 2004, le parlement élu sur la base
de la loi de 2000 en 2005 et enfin notre gouvernement qui ne gouverne plus
grand-chose, et dont certains de ses membres dénoncent l’illégitimité de Lahoud
ou les ingérences syriennes tout en étant eux-mêmes à un moment acoquiné avec
ces mêmes syriens et ayant composé un gouvernement sous cette présidence. Notre
système anesthésié par l’occupation syrienne et aujourd’hui bancal ne reflète
plus la réalité et les nouveaux équilibres de notre société. La constitution
libanaise, Taëf ne sont pas une réponse à nos problèmes mais un frein au
règlement de nos problèmes. Le confessionnalisme exacerbé est source de
batailles sectaires, notre confessionnalisme étatisé est une des sources de
notre manque de démocratie. Le Liban n’est pas démocratique, l’accaparement par
certains de nos pompiers-pyromanes de leur communauté au profit de leur
intérêts personnels le prouve amplement qu’ils soient pro, anti étranger.

En attendant, on tourne en rond, et les libanais en
bourrique.

Nos 2 délégations dans leur superbe ignorance de l’une par
rapport à l’autre, la présidentielle et la gouvernementale, prouvent une fois
de plus que le pouvoir libanaise se trouve être donc officiellement divisé
comme au bon vieux temps ou 2 gouvernements régnaient chacun sur son territoire,
le temps ou le Liban disparaissant dans les tourmentes du Moyen-Orient, éclipsé
par l’occupation syrienne, vendu par ses mêmes pays et organisations qui
aujourd’hui siègent ou observent à Ryad.

Notre nation n’existe pas, chaque communauté, secte ayant une
conception différente du Liban, le dialogue n’existe plus, comme on le démontre
aujourd’hui au Monde, notre Liban n’est qu’une utopie, un rêve assassiné par
nos hommes politiques.

Candide au pays de Bayrou

Mar 27, 2007 in Actualité

Candide
Ainsi commencerait d’après nos instituts de prédilection
électorale, la décrue du candide de Bayrou, celui qui ne voulait faire nulle
promesse.

A force de présenter une coquille électorale vide, une page
blanche, pensant ainsi prendre aussi bien des voix à gauche qu’à droite, la
réalité semble enfin rattraper notre candide, les échéances s’approchant.

Ainsi, il nous promettait avec son alter-ségo un porte-avion
européen. Je doute par exemple qu’on puisse s’accorder avec nos chers
partenaires d’outre-rhin et d’outre-manche sur la direction que devrait prendre
ce beau navire. La chorale de la marine nationale deviendrait également une
joyeuse cacophonie à la manière de notre chère constitution bien vite enterrée,
on pourrait même refaire Trafalgar directement dans nos états-mineurs et non major, défaut
de défense purement européenne oblige. Notre défense nationale sera ainsi
paralysée, faute de cohérence politique à donner des ordres.

Sur un plan national, il nous promet également une coalition
au pouvoir, droite et gauche unie, unie selon lui de la même manière que la
coalition allemande SPD et CDU, comme si la réalité permettait l’application d’un
système allemand en France, comme si on voulait revenir aux grandes coalitions
de la 4ème et éphémère république française, et son record de 9 mois
pour un gouvernement. Comme le soulignait de nombreuses personnes de premier plan, et en particulier Simone Weil qui elle à l’envergure d’un chef d’état, l’inexistence d’alternative politique ne peut faire que le jeu des extrêmes.

La France n’a pas de candidat à la hauteur aujourd’hui de
ses ambitions … bien malheureusement.

Trouvé les différences

Mar 26, 2007 in Actualité

Vu dans L’Orient le jour …

Gouvernement - Le chef des FL réitère l’objection de la majorité à la formule 19/11

L’opposition veut nous mettre la corde au cou
pour la serrer quand elle le souhaite, affirme Geagea

Le
chef des Forces libanaises, Samir Geagea, réaffirme qu’il n’est pas
question pour la majorité d’accepter la formule des 19/11   [>>]




« Le 14 Mars a déjà fait assez de concessions
en acceptant les 19 ministres », affirme Hamadé

Le
ministre des Télécommunications, Marwan Hamadé, a estimé que les forces
du 14 Mars ne pouvaient faire davantage de concessions,   [>>]

alors du rififi dans la coalition du 14 mars? Il semble que oui.

Attention danger: Manoeuvres politiciennes en cours

Mar 24, 2007 in Actualité

On apprend du journal koweitien Al Rai que des réunions
entre une personnalité syrienne et de l’opposition Amal-Hezbollah auraient eu
lieu au sujet du tribunal international.

Au cours de cette réunion, toujours selon ce même quotidien,
une stratégie aurait été mise au point dans le but de surprendre la
majorité actuelle : Le seul amendement que demanderait l’opposition
concernerait la composition même de la nationalité des juges de ce tribunal,
accordant d’après le projet onusien 3 magistrats au Liban et 4 internationaux. La
demande de l’opposition serait d’inverser ce nombre pour qu’il y ait une
majorité de juges libanais, en l’occurrence 4 et 3 juges internationaux.

Selon ce quotidien, en cas de constitution de gouvernement d’union
nationale, ce plan permettrait alors de nommer des juges libanais plus proches des
inquiétudes syriennes concernant le jugement à venir de cette cour, donc d’influencer
le résultat escompté.

Considérant cela, cela expliquerait le rejet par certains
membres de la majorité, Joumblatt en tête de la demande de constitution d’un
nouveau gouvernement et en particulier de la formule accordant 19 ministres à
la majorité et 11 à l’opposition.

Sauf que cet article comporte beaucoup de lacunes. Je vois
mal comment l’opposition qui resterait cependant minoritaire pourrait faire
pression sur la nomination de tel ou tel magistrat de cette cour, surtout que
dans le cas de la formule 19+11, les dernières informations font état d’une
garantie saoudienne selon laquelle les ministres de l’opposition ne pourraient
pas démissionner et qu’il ne peut y avoir de paralysie du gouvernement ainsi
constitué, cet accord garantissant la présence en son sein de tous.

Dans l’absolu, comme je l’ai déjà écris, je ne serais même
opposé à ce que le tribunal chargé de juger les suspects de l’assassinat de l’ancien
premier ministre eu été international durant l’occupation syrienne mais qu’il doit être libanais aujourd’hui, comme preuve de confiance du peuple envers sa justice, la justice étant la même selon qu’on soit simple citoyen ou puissant, de la souveraineté retrouvée du
pays des cèdres et l’arrêt de la considération du Liban comme pays trop
immature pour pouvoir se passer de parrains étrangers. Ce tribunal
international souligne, si influence syrienne subsiste sur notre système
judiciaire, la faille de la majorité à s’en être débarrassé, et cela malgré les
derniers  progrès notamment en ce qui
concerne le système sécuritaire qui, selon les dires du ministre de l’intérieur
même aurait démantelé un réseau terroriste qu’il attribue aux services de
renseignements syriens.

Il s’agit la une nouvelle fois d’un paradoxe dans la
situation que nous présente notre chère majorité.

Alors que certains analystes signalent des désaccords entre
partis pro-syriens et les mouvements Amal Hezbollah dans les options suivis,
montrant que désormais le Hezbollah et Amal agissent dans l’intérêt d’une opposition
non plus pro-syrienne mais libanaise, ce nouvel épisode ne pourra que les
rapprocher, au risque d’envenimer grâce à cette manœuvre la crise politique
actuelle. Il faut tout de même signaler qu’à ce niveau la, la majorité des
partis de l’opposition, ont toujours souhaités à ce que soit formé un tribunal
international ; CPL en tête, mais que cette demande à toujours été tournée
au ridicule par les médias pro-gouvernementaux, par intérêt ou plutôt par
mauvaise fois.

On dirait qu’il s’agit de la fabrication d’une nouvelle
excuse à fournir à la majorité pour refuser une nouvelle fois la formation d’un
gouvernement d’union nationale, alors que par rapport au discrédit des
institutions libanaises, celui-ci est nécessaire pour redémarrer les
institutions en l’attente de nouvelles élections.

Je l’ai déjà signalé, dans un cas normal, je serais contre
un gouvernement d’union nationale, préférant que se pose une alternative à une
majorité au pouvoir.

Mais dans le cas précis de la situation libanaise, depuis
2005, en raison du discrédit de la présidence, du gouvernement et de la chambre
due à la suite des évènements, prolongement du mandant présidentiel en 2004, l’illégitimité
de la chambre en raison de sa constitution sur la loi électorale ingrate de
2000 dite loi Ghazi Kanaan conduisant à l’illégitimité du gouvernement lui-même,
j’estime depuis 2005 que de nouvelles élections basées sur une loi électorale
égalitaire se doivent d’être organisées au plus tôt.

En attendant, toutes les excuses sont bonnes pour faire
avancer ses pions, faire céder l’autre sur des points aussi ridicules que sur la
formulation gouvernementale utilisées alors que des garanties de part et d’autres
sont donnés, de la part de l’Arabie Saoudite pourtant proche de la majorité, de
l’Iran pourtant proche du Hezbollah.

La classe maternelle politique libanaise semble devoir se déchirer
en poursuivant une crise politique artificiellement, crise désormais stérile, tous étant d’accord sur l’essentiel tout en étant en désaccord sur des détails infimes, oubliant l’intérêt général, celui de la nation entière pour ses propres petits intérêts,
à savoir, dans un Liban pourtant message de coexistence, de savoir quel sera la
communauté la plus influente en politique et de faire avancer ses "petites affaires qui ne connaissent pas la crise".

Quelque chose de frappant

Mar 23, 2007 in international

Amadinejad
Quelque chose de frappant ce soir dans la présentation de l’Iran avant l’interview du président iranien Ahmedinejad, souriant, acceuillant Davis Pujadas, on aurait été tenté de lui donner le bon dieu sans confession…

On voyait des files d’attente dans les stations essences et on apprenait que cette denrée pourtant qui ne devrait pas être rare etait rationné.
Ca m’a rappelé une analyse faite par des experts pétroliers américains qu’on a pas vraiment médiatisés et qui estimaient que les réserves de pétrole de ce pays s’épuisaient.
Ces experts prétendaient alors que l’Iran, pour garder des rentrées pétrolières suffisantes, devait peut-être développer l’industrie nucléaire en vue justement de garder des exportations suffisantes, en produisant de l’électricité nucléaire.
Cela doit être mis en relation avec une proposition iranienne de développement de son industrie nucléaire sous supervision de l’entreprise française Areva et d’Eurodif comme garantie de non détournement de cette filiaire à des fins nucléaires

Si tel est le cas, disons chiche, prenons le au mot, l’Iran ne disposant pas seulement de champs pétrolifères mais également de mines d’uranium. Les guerres et les conflits se doivent d’être la dernière option, des moyens pacifiques de réglement de la crise devant être jusqu’au bout étudiés.

A ce moment là, au risque de choquer quelques personnes, la communauté internationale pourrait facilement régler le problème nucléaire iranien:
1- assistance dans le domaine nucléaire dans le court terme et notamment dans la production d’électricité
2- mise en place d’une filière de production écologique, on peut penser notamment à une filiaire de production d’électricité d’origine solaire en encore hydrolique, l’Iran étant riche par ses montagnes également.

Sur l’interview d’Ahmadinejad, on peut observer sa volonté à ne pas "choquer" un public occidental, on aurait dit un petit bonhomme voulant charmer son public occidental.
Sur la bombe elle même, on peut douter sur ses paroles indiquant que l’Iran ne veuille pas se doter de la bombe mais il faut admettre que le problème nucléaire au MO est également lié à la possession non officielle de l’état hébreu de la bombe. Janes, la revue de géostratégie parle même d’un stock de 200 bombes aux mains d’Israël.
Tout comme l’Irak auparavant, la Libye ensuite, demain l’Arabie Saoudite, il serait légitime de penser que ces pays voudront se doter de l’arme comme arme de dissuasion en cas de poursuite du status quo actuel de conflit israélo-arabe. Pour garantir à ces pays et leur permettre le respect du Traité de Non prolifération et ainsi éviter un jeu de domino mortel de propagation de l’arme nucléaire, la paix avec l’état hébreu est nécessaire, la paix entre chiites et sunnites est également nécessaire.
Et la encore une fois, la communauté internationale a une grande responsabilité dans le respect du principe d’un MO libre de toute forme de d’armes de destructions massives.

Evitons donc les conflits et les morts inutiles, faisons face d’une manière réaliste aux défis actuels en renvoyant tous les pays à leur responsabilité propre.

Sur le point maintenant particulier de la reconnaissance du génocide juif de la 2ème guerre mondiale. En tant que petit-fils d’un prisonnier interné par les allemands, je dois dire  que ce génocide existe bien sur. Les pays occidentaux ont une responsabilité historique mais malheureusement ils ont démissionné de leur responsabilité historique en exportant ce conflit vers le MO. Le président iranien, comme preuve de bonne volonté se doit bien sur de reconnaître ce génocide, il s’agit d’une évidence même qu’il a cependant, sans la refuser formellement, essayé d’éluder.

Israël est tout autant une réalité avec laquelle il faut composer, comme les droits du peuple palestinien à une terre, l’existence du Hezbollah, et des injustices qui depuis 50 ans règnent dans cette partie du monde.

Sur le sujet maintenant de la menace "chiite ou iranienne", je dirais simplement que l’exportation de la révolution islamique iranienne est un échec. Depuis 1978, on n’a pas vu de révolution islamique chiite mais plutot sunnite, en Afghanistan avec les Talibans ou au Nigéria ou dans certaines régions ont été instaurés la loi de la charia, l’Algérie dans les années 90, l’Irak aujourd’hui avec Al Qaida et la remise en cause des lois notamment sur les droits des femmes.

Même si cette menace chiite ressurgie en Irak, elle est beaucoup moins importante que l’on peut bien le penser. Il y a effectivement une menace mais ne soyons pas paranoïac à ce sujet. Agissons par ordre de priorité.

La responsabilité de la communauté internationale est d’imposer une solution acceptable pour tous dans le but de calmer le jeu.
Le retour des palestiniens est nécessaire, le droit à la sécurité ne doit pas se faire au détriment du droit tout simplement à l’existance.