Aux afficionados des médias libanais
Jan 30, 2007 in Uncategorized
Les médias étrangers semblent se rendre désormais compte de la dangeureuse dérive de leur homologues libanais. Al Manar, LBCI, le Nahar, la Future TV sont responsables par l’extrémisation de nos chers moutons de panurge des problèmes actuels, encore sur Al Manar, la propagande est grossière, les médias gouvernementaux eux utilisent des techniques plus hypocrites et perfectionnées. Ne faudrait-il pas à la fin clouer le bec à nos médias libanais qui sont orientés politiquement, malgré que cela soit anti-démocratique?
article du monde
politiques
14h21
sunnite de 20 ans tué lors de la "guerre des rues" du 25 janvier à Beyrouth,
défilent sur le petit écran. Il est 19 h 30, le samedi 27 janvier, l’heure du
principal bulletin d’information de la soirée d’Al-Manar, la télévision du
Hezbollah, pilier de l’opposition.
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Le commentaire du journaliste
affirme que le défunt appartient à une famille traditionnellement membre du
Parti nationaliste socialiste pan-syrien et que son père est apolitique. Il
indique que les habitants du village d’Al-Marj, dans la Bekaa, dont la victime
est originaire et où il a été enterré, ont été surpris de voir s’installer dès
l’aube les caméras de la télévision du Futur, propriété du député sunnite Saad
Hariri, président du Courant du futur (membre de la majorité politique), et
qu’ils ont été choqués par la sollicitude témoignée par ce même Courant à
l’endroit de la famille. A en croire Al-Manar, le Courant du futur a donc voulu
"récupérer" à son profit cette mort tragique.
Une demi-heure plus tard, les écrans de la télévision du Futur diffusent
d’autres images des mêmes obsèques. Le reporter fait, lui, état de la colère qui
s’est emparée du village contre le parti chiite Hezbollah auquel est imputée,
selon lui, la responsabilité de la mort de Mohammed. La caméra s’attarde sur la
famille éplorée, sur la foule qui a accompagné la victime jusqu’à sa dernière
demeure et sur des portraits géants de Saad Hariri et de son père assassiné,
l’ancien premier ministre Rafic Hariri, auxquels le père de la victime rend
hommage.
La séquence se termine sur les dernières paroles du mufti des régions de
Zahlé et de la Bekaa, le cheikh Khalil Al-Meïss, qui présidait la cérémonie :
"C’est toi, seyyed Hassan Nasrallah (secrétaire général du Hezbollah),
qui porte la responsabilité du sang versé de Mohammed Ghazi !",
s’exclame-t-il.
Les enquêtes menées par l’armée sur les batailles de rue du 25 janvier
commencent à peine, mais chacun des protagonistes a déjà désigné le camp adverse
comme un ennemi. Ce samedi comme les deux jours précédents, Al-Manar et la
chaîne du Futur sont allées, chacune de leur côté, interroger des blessés ou des
parents de victimes appartenant à leur camp politique. Chaque chaîne qualifie
"ses" victimes de "martyrs", alors que le mot est généralement réservé
aux soldats morts au champ d’honneur.
REJET DE L’AUTRE
Dans un pays où la polarisation politique et
communautaire atteint des sommets, les téléspectateurs, selon qu’ils penchent
pour l’un ou l’autre camp, n’ont généralement regardé que la chaîne qui reflète
leur propre point de vue. Il suffit de les interroger pour se rendre compte
qu’ils ont pris ce qu’ils ont vu et entendu pour argent comptant et qu’ils
s’enfoncent davantage encore dans le rejet de l’autre.
Leurs esprits avaient déjà été chauffés à blanc par les images des batailles
de rue diffusées en direct par les chaînes de télévision. Alors que partisans de
la majorité et de l’opposition se confondaient, ce jour-là, dans une mêlée
indéchiffrable, chaque chaîne désignait déjà la partie adverse comme le facteur
de sédition, le fauteur de troubles.
Al-Manar et la chaîne du Futur ne sont qu’un exemple du champ télévisuel
libanais. Mais aucune des cinq chaînes de télévision généralistes n’a jamais
brillé par son recul vis-à-vis des événements. Le lancement du mouvement
protestataire de l’opposition, le 1er décembre 2006, les a fait
sombrer dans la haine.
A certaines exceptions près, notamment en ce qui concerne les talk-shows,
journalistes et reporters reprennent les accusations des responsables politiques
de leur bord. En la matière, Al-Manar bat tous les records.


