Lettre d’un homme à son amour suite à leur rupture :
Mon amour,
Tu m’as quitté
J’ai le cœur brisé.
Je ne sais pas quoi dire,
Ni quoi faire.
Sans toi ma vie n’a plus de sens,
Le destin nous a séparé,
Nos routes n’ont fait que s’entrecroisées.
Mais sans toi, mon amour, je ne puis accepter de vivre,
N’ayant pas la force de me suicider,
Ne pouvant pas me tirer 3 balles damascaines dans la tête,
Ou essayer de prendre un train à destination d’Alep qui s’approche à toute vitesse,
Ni même avoir la chance d’être présent à proximité d’un ministre au bon moment où une bombe explose,
Mon amour,
J’ai bien pensé à me faire légionnaire au fin fond du Sahara,
Ou encore passer des vacances en Amazonie profonde du centre ville de Beyrouth au coté des serpents à sornettes,
J’ai bien pensé ouvrir un petit commerce d’âmes au sud du pays,
Non, je n’ai pas ce courage !
Faute de mieux mon amour,
Ne pouvant désormais vivre sans toi et au défaut de vivre avec toi,
J’ai décidé de laisser les autres mettre fin à ma vie,
En devenant politicien au Liban
Réponse de la femme aimée à son amour qu’elle croyait perdu :
Mon amour
Giraudoux avait bien raison lorsqu’il a dit que : « L’amour comporte des moments vraiment exaltants, ce sont les ruptures… »
J’avais pris la ferme décision de ne plus continuer à écrire une histoire d’amour à deux. J’ai cru avec ma décision écrire l’épilogue d’un roman qui commençait à peser sur ma vie.
Tu étais mon ami ou mon amour, je ne le savais plus.
J’étais là, dans un train bondé, prêt à partir, en quête d’une ville improbable.
Mille et une idées se bousculaient dans ma tête.
Consciente que tu serais capable d’actes autodestructeurs, je me demandais
Si ce train que je venais de prendre allait mettre un point final à ta vie à l’image du train aleppin,
Si tu opterais pour un suicide à la russe avec un trio de balles dans la tête,
Si tu choisirais de suivre de près la voiture d’un politicien libanais dont la vie est en péril pour avoir le même sort que lui par un attentat à la bombe,
Si tu penserais ouvrir un petit commerce d’âmes au sud du pays,
Si tu te lancerais dans une nouvelle carrière, celle d’un fakir inexpérimenté parmi les serpents à sornettes en plein centre-ville de Beyrouth.
Je pensais à tout cela, et je jubilais à l’idée d’avoir rompu avec un homme qui adopterait une solution lâche, qui serait celle de se précipiter dans une action qui entraînerait illico sa disparition.
Mon amour,
Moi qui pensais qu’il n’y aurait pas de retour possible,
Moi qui me disais que tu agirais comme un alezan bridé par un mors sanguinaire,
En lisant cette missive que tu m’as expédiée,
Toutes mes idées dépréciatives envers toi se sont disloquées sous le bruit des rails de mon train en partance.
Je ne savais point que ton hardiesse avait atteint un si haut faîte,
Que notre amour qui a pris un tournant aussi dramatique te déprimait autant,
Que tu as décidé de t’aventurer dans une entreprise aussi risquée
Que notre rupture était pour toi beaucoup plus qu’une mort anticipée,
Je ne m’attendais point que tu jettes ton dévolu pour la prison à vie avec travaux forcés,
Je n’aurais jamais imaginé que tu aurais le courage – bien que tu prétendes ne pas en avoir – de devenir politicien au Liban, et t’exposer à tous les dangers possibles sans savoir quand, ni pourquoi, ni comment un jour les autres mettraient fin à ta vie.
En foi de quoi,
Au lieu d’esquiver nos cœurs en partance,
Au lieu d’endurer un présent égaré,
Terrible,
Eternel,
Inacceptable,
Mon amour,
Je le crois,
Tu le sais,
Je t’aime et je reviens sur ma décision,
Je me lance avec toi et près de toi
Dans cette carrière politique que tu entreprends
Et notre amour,
Puisqu’il s’est avéré plus fort que la mort,
Pourrait bien s’exposer alors,
A toutes les déconvenues et les perturbations concevables,
Je dis bien à toutes les agitations possibles,
Puisque je me prononce à vouloir mettre notre amour sur de nouveaux rails,
Les rails acérés de la politique libanaise
(Billet rédigé par frencheagle et ishtar)