L’erreur du Nahar

A lire cet article sur le réseau Voltaire (voir le lien) qui n’est pas mon pain quotidien mais qui dit une chose assez interessante à propos de Ghassan Tuéni qui n’aurait pas du prendre parti mais garder un certain retrait et donc une certaine impartialité par rapport à la vie politique libanaise, ce qu’aujourd’hui le Nahar paye de sa crédibilité, un journaliste se doit de transmettre la vérité et non de choisir un parti
:

« Ghassane Tuéni souscrira aisément à ce constat empirique tiré de sa propre expérience : à savoir que le journaliste du futur se doit de se vivre comme un observateur majeur de la vie politique, non comme un partenaire mineur du gouvernement, tant il est vrai, qu’une proximité avec les puissances d’argent altère irrémédiablement sa fonction critique. »

L’opportunisme de Joumblatt

Hommage à Jacques Dutronc et à notre opportuniste local, Walid Bey Joumblatt, socialiste en chef du Liban qui retourne sa veste toujours du bon coté, qui en profite pour faire son beurre, il est de tous les coteries, pro et anti-syriens, il crie vive la révolution en 2005, vive les institutions en 2006, vives manifestations, vive la collaboration (cette année), il retourne sa veste toujours du coté, il l’a tellement retourné … qu’elle craque de tous cotés:

L’OPPORTUNISTE

Je suis pour le communisme (à l’AUB)
Je suis pour le socialisme (féodal)
Et pour le capitalisme (de Hariri)
Parce que je suis opportuniste

Il y en a qui conteste (au centre-ville)
Qui revendique et qui proteste (au centre-ville)
Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je n’ai pas peur des profiteurs (de Hariri)
Ni même des agitateurs (d’Aoun et de Nasrallah)
Je fais confiance aux électeurs (druzes)
Et j’en profite pour faire mon beurre (américain)

Il y en a qui conteste (au centre-ville)
Qui revendique et qui proteste (au centre-ville)
Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis (pro et anti-syriens)
Je suis de toutes les patries (Israël, Syrie et Liban aujourd’hui)
Je suis de toutes les coteries
Je suis le roi des convertis

Il y en a qui conteste (au centre-ville)
Qui revendique et qui proteste (au centre-ville)
Moi je ne fais qu’un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je crie vive la révolution (en 2005)
Je crie vive les institutions (en 2006)
Je crie vive les manifestations (en 2005)
Je crie vive la collaboration (avant 2005)

Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu’un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté

Je l’ai tellement retournée (avant 2006)
Qu’elle craque de tous côtés (en 2007)
A la prochaine révolution (de 2007)
Je retourne mon pantalon

Moussa Impossible

Pour reprendre la caricature de Libnanews, la mission Moussa au Liban dépasse le Liban en lui-même et se heurte au jeu des 3 axes actuels au MO, l’axe iranien entre chiite, l’axe américain avec l’Irak et les intérêts israéliens et l’axe saoudien ou plutôt sunnite avec des relais égyptiens, jordaniens et sunnites syriens par Khaddam et frères musulmans et irakiens.

On remarquera cette semaine que pour la première fois les saoudiens ont menacé d’intervenir en Irak pour soutenir leur  coreligionnaires sunnites face à d’un coté « la menace » chiite et de l’autre celle d’Al Qaida, ce qui confirme pour un peu le plan saoudien qui concurrence le plan américain et qui sur le long terme rendre en compétions avec le nouveau MO.

A noter, au Liban même, la dérive raciste de sympathisants de certains partis qui renient la libanité (je ne parle pas d’arabité puisque
je considère le Liban comme Libanais avant tout et non arabe) de certaines communautés, par rapport à ce jeu d’axes, alors que ces partis participent à la stratégie en cours de pays étrangers alors qu’ils se gaussent d’avoir retrouvé une virginité nouvelle après s’être pendant des années prostitués.

Le ménage devrait commencer avant tout par soi-même avant de critiquer les autres et il faut absolument empêcher que cette dérive raciste ne se propage au risque de d’augmenter les sentiments confessionnels et sectaires déjà assez bien en place au Liban.
Cela constitue le principal risque qui pourrait conduire à des problème religieux et ethnique …mais malheureusement comme toujours nos apprenti-pompiers-pyromanes et mafiosos professionnels sont des couverts d’une propreté jouent encore une fois avec le feu.

Saddam Hussein est mort

6 heures ce matin à Bagdad, Saddam Hussein est mort pendu.

La chute de Saddam en 2003 a amené un nouveau set d’équation dans la
politique régionale du Moyen-Orient. Ce nouveau set d’équation amenait à la
libération des cèdres, c’est-à-dire au retrait des troupes syriennes du Liban qui était dès lors inéluctable, l’assassinat de Hariri ayant été un accélérateur et non un élément entrainant à la fin de la présence des troupes de Damas au Liban.

Oh, je ne me prononcerais pas l’action de Saddam en lui-même,
je rappellerais juste à mes lecteurs que Saddam avait aidé durant la guerre
civile les forces anti-syriennes, il a équipé les forces libanaises à un
certain moment, une alliance plutôt bizarroïde en raison des liens de cette
milice avec l’état hébreu et à signaler à ce niveau là l’excellent livre « Les
secrets de la guerre du Liban » par Alain Ménargue reporter de guerre durant ce conflit. Je me souviens également qu’il a livré à tous les foyers libanais,riches ou pauvres, chrétiens ou musulmans,  un sac de  nourriture,je me souviens à ce moment la d’avoir découvert le cassoulet en boite « William Saurin ».
De ce point de vue la, malgré ses crimes, je ne peux être contre quelqu’un qui a d’une certaine manière aidé les libanaises, les libanais et le Liban. Je suis en cela conséquent avec ce que je déclarais en 2003 et ma position contre la guerre du Golfe II. Pour rappel, Saddam avait quand même alphabétisé son pays, entrainé son pays vers un progrès technologique voir nucléaire mais peut on aujourd’hui blâmer Saddam pour avoir tenté de doter l’Irak comme la Libye hier et l’Iran aujourd’hui quand Israël par  l’intermédiaire de la gaffe de son premier ministre a indirectement admis la posséder ?

En parlant de guerre du Golfe, peut-on dire que cette mort sert à quelque chose ? A part à faire un martyr et à prouver encore une
fois que les américains n’ont pas compris la mentalité arabe. L’axe américain en Irak est en faillite, avec presque 3000 morts, les risques de guerre civile en Irak … guerre civile … l’Irak est déjà en guerre civile alors que ce pays était stable du temps de Saddam. Le conflit entre sunnite et chiite risque de contaminer les pays du Golfe dont la majorité de la population est chiite, l’opposition
chiite représente aujourd’hui 40% du parlement de Bahrain me semble-t-il, les champs pétrolifères saoudiens au nord-est sont à majorité chiite et que dire des problèmes au Liban avec la tentative dès 2003 de la sédition entre chiite et sunnite avec la circulation de vidéo dans les camps palestiniens appelant à la haine réciproque.

Que dire également des interférences iraniennes en Irak, des interférences saoudiennes en Irak avec il y a seulement quelques semaines la menace d’intervenir directement pour soutenir les sunnites irakiens.

Mais peut-on à la fin parler de faillite de l’axe américain en Irak ? Américains dont le nouveau Moyen Orient implique la partition de
ce pays en état kurde, sunnite et chiite. Je ne le crois guère à la fin au contraire la guerre civile était programmée, 30 ans de conflits sont devant nous dans la région d’après certains « think tank » néoconservateurs américains. Saddam est mort et les américains devront trouver un nouveau Saddam pour stabiliser l’Irak ou l’Irak disparaitra.

Et que dire à propos du Liban en tout cela. Oh j’ai des regrets, je regrette qu’à l’image de notre loi d’amnistie scélérate, la justice
n’est pas appliquée en Irak, on a préféré condamner Saddam pour un crime qu’il aurait commis mais non pour tous ces crimes dont certains auraient pu impliqués des états tels que l’Allemagne, la France et les USA, on n’a pas rendu justice aux victimes irakiennes même si certaines appelaient à sa mort, comme on n’a jamais appliqué la justice au Liban à l’encontre de nos criminels de guerre, auteurs de nettoyages ethniques et de crimes imprescriptibles aux yeux de la justice internationale. Pourtant … la justice, et non une parodie, espérons le sera un jour appliquée en Irak comme au Liban.

Et cela, les américains déclarent ironiquement que c’est un grand pas vers la démocratie…

Hommage au doyen de la pensée libre, en mémoire de son fils tué

oici un hommage à un homme que j’ai toujours admiré, qui par sa présence, par l’éloquence de son silence et par la puissance de sa parole, est à même de mener notre Liban que tous les autres libanais s’acharnent à faire sombrer, à bon port.

Un hommage à un homme qui a inhumé ses parents, sa femme et ses trois enfants ; au parrain d’un quotidien clamant la liberté sur tous les toits, au doyen de la presse, au patriarche de la pensée libre. Le seul homme encore en vie, à mon avis, digne du Liban après Samir Kassir, qui était un de ses disciples.

Hommage à Ghassane Tueni, avec tous mes respects et mon admiration :

Il était une fois trois hommes de valeur

Trois esprits qui font fi des drames, du malheur

Un grand-père, un père, un fils, lignée hors pair

Empreinte de savoir, de sagesse exemplaire

Le grand-père a posé la première pierre

Précurseur d’une gazette alerte et pionnière

Il a levé l’étendard de la révolte

Il a semé afin que ses enfants récoltent

Le père, que dire de cet homme de cœur

Cet esprit empreint de sagesse et de douceur

Ce stoïque guerrier, ce vaillant journaliste

Cet intègre rénovateur, cet humaniste

Il s’est escrimé sur tous les fronts, sans relâche

Vétéran de la presse engagée que rien n’entache

Il a bataillé héroïquement les lâches

Armé de son stylo, cette infaillible hache

Le fils s’est révélé réellement digne

De son lignage magnanime et insigne

La véridicité a été son credo

L’office de ses pères allait crescendo

Pays des cèdres éternels, réjouis-toi

D’abriter de tels hommes d’honneur sous ton toit

Qui au nom de la liberté, de la justice

Ont mis leurs vies et leurs plumes à ton service

Ils ont bien marqué ton histoire par leur encre

Et pour qu’en nous leur amour fou du Liban s’encre

Le grand-père et le fils ont décidé d’écrire

L’Histoire avec leur vertueux sang de martyrs

Mon amour … Le retour

Lettre d’un homme à son amour suite à leur rupture :

Mon amour,

Tu m’as quitté

J’ai le cœur brisé.

Je ne sais pas quoi dire,

Ni quoi faire.

Sans toi ma vie n’a plus de sens,

Le destin nous a séparé,

Nos routes n’ont fait que s’entrecroisées.

Mais sans toi, mon amour, je ne puis accepter de vivre,

N’ayant pas la force de me suicider,

Ne pouvant pas me tirer 3 balles damascaines dans la tête,

Ou essayer de prendre un train à destination d’Alep qui s’approche à toute vitesse,

Ni même avoir la chance d’être présent à proximité d’un ministre au bon moment où une bombe explose,

Mon amour,

J’ai bien pensé à me faire légionnaire au fin fond du Sahara,

Ou encore passer des vacances en Amazonie profonde du centre ville de Beyrouth au coté des serpents à sornettes,

J’ai bien pensé ouvrir un petit commerce d’âmes au sud du pays,

Non, je n’ai pas ce courage !

Faute de mieux mon amour,

Ne pouvant désormais vivre sans toi et au défaut de vivre avec toi,

J’ai décidé de laisser les autres mettre fin à ma vie,

En devenant politicien au Liban

Réponse de la femme aimée à son amour qu’elle croyait perdu :

Mon amour

Giraudoux avait bien raison lorsqu’il a dit que : « L’amour comporte des moments vraiment exaltants, ce sont les ruptures… »

J’avais pris la ferme décision de ne plus continuer à écrire une histoire d’amour à deux. J’ai cru avec ma décision écrire l’épilogue d’un roman qui commençait à peser sur ma vie.

Tu étais mon ami ou mon amour, je ne le savais plus.

J’étais là, dans un train bondé, prêt à partir, en quête d’une ville improbable.

Mille et une idées se bousculaient dans ma tête.

Consciente que tu serais capable d’actes autodestructeurs, je me demandais

Si ce train que je venais de prendre allait mettre un point final à ta vie à l’image du train aleppin,

Si tu opterais pour un suicide à la russe avec un trio de balles dans la tête,

Si tu choisirais de suivre de près la voiture d’un politicien libanais dont la vie est en péril pour avoir le même sort que lui par un attentat à la bombe,

Si tu penserais ouvrir un petit commerce d’âmes au sud du pays,

Si tu te lancerais dans une nouvelle carrière, celle d’un fakir inexpérimenté parmi les serpents à sornettes en plein centre-ville de Beyrouth.

Je pensais à tout cela, et je jubilais à l’idée d’avoir rompu avec un homme qui adopterait une solution lâche, qui serait celle de se précipiter dans une action qui entraînerait illico sa disparition.

Mon amour,

Moi qui pensais qu’il n’y aurait pas de retour possible,

Moi qui me disais que tu agirais comme un alezan bridé par un mors sanguinaire,

En lisant cette missive que tu m’as expédiée,

Toutes mes idées dépréciatives envers toi se sont disloquées sous le bruit des rails de mon train en partance.

Je ne savais point que ton hardiesse avait atteint un si haut faîte,

Que notre amour qui a pris un tournant aussi dramatique te déprimait autant,

Que tu as décidé de t’aventurer dans une entreprise aussi risquée

Que notre rupture était pour toi beaucoup plus qu’une mort anticipée,

Je ne m’attendais point que tu jettes ton dévolu pour la prison à vie avec travaux forcés,

Je n’aurais jamais imaginé que tu aurais le courage – bien que tu prétendes ne pas en avoir – de devenir politicien au Liban, et t’exposer à tous les dangers possibles sans savoir quand, ni pourquoi, ni comment un jour les autres mettraient fin à ta vie.

En foi de quoi,

Au lieu d’esquiver nos cœurs en partance,

Au lieu d’endurer un présent égaré,

Terrible,

Eternel,

Inacceptable,

Mon amour,

Je le crois,

Tu le sais,

Je t’aime et je reviens sur ma décision,

Je me lance avec toi et près de toi

Dans cette carrière politique que tu entreprends

Et notre amour,

Puisqu’il s’est avéré plus fort que la mort,

Pourrait bien s’exposer alors,

A toutes les déconvenues et les perturbations concevables,

Je dis bien à toutes les agitations possibles,

Puisque je me prononce à vouloir mettre notre amour sur de nouveaux rails,

Les rails acérés de la politique libanaise

(Billet rédigé par frencheagle et ishtar)