“La grande amertume de Nabih Berry” by L’Orient le Jour

Jeudi, novembre 30th, 2006 @ 1:09 | Histoire

Pour revenir sur les raisons de l’échec du dialogue, je
voudrais ici mettre en ligne cet article publié aujourd’hui dans l’Orient le
Jour est écrit par Scarlett Haddad. Je tiens également à préciser une fois de plus que je ne suis pas du tout partisan de Nabih Berry que je considère comme étant l’un des grands mafieux de l’administration libanaise avec son Conseil du Sud (et voir à ce propos l’article de Samir Kassir publié en 1994 dans le Monde diplomatique et qui dénonçait déjà l’époque le système de corruption mis en place par nos chères Nabih Berry, Walid Joumblatt et la caisse des déplacés et Hariri père avec Solidere). Je considère également Nabih Berry responsable de la situation politique dans laquelle on est aujourd’hui en raison de son rôle l’année dernière comme président de la chambre des députés de la non adoption d’une loi électorale juste entre tous les libanais au mépris de l’article 1 de la constitution qui reconnait des droits identiques à tout citoyen libanais.

Je prévoyais depuis le début de la tenue des
conférences du dialogue en mai dernier que celles-ci seraient un échec,
je m’insurgeais que des leaders aient été choisis pour représenter les
citoyens que nous sommes sur des bases sectaires et claniques, snobant
ainsi les représentants légaux que nous avons soit-disant élus en 2005,
sur la base d’une loi qu’il faut reconnaitre comme étant scélérate.
Cela ressemblait déjà à poker menteur,
publié également dans L’Orient-le Jour et sur Libnanews le mois
dernier, bref dans cette optique, j’ai toujours été conséquent avec
moi-même.

Cependant, vu la situation dans laquelle on est,
il faut faire preuve de bonne volonté et voir ce qui est encore
possible pour éviter la crise totale (on est déjà en crise). Nous
n’avons pas les moyens pour une nouvelle guerre, nous n’avons pas les
moyens pour de nouvelles tensions, et pour mes lecteurs habituels, je
les renverrais à ma note pessimiste suite à la conférence économique
"Back in Business" qui reflétait déjà le pessimisme des acteurs
économiques.

Il faut donc aujourd’hui garder les personnes de
bonnes volonté, même si elles ont un certain passé et passif vis-à-vis
de l’état et absolument mettre de coté les personnes qui dramatisent la
situation et appellent à la haine réciproque comme je le signalais déjà
sur ma note précédente.

Sans plus tarder voici l’article et mes remarques

ÉCLAIRAGE - Les efforts du chef du Législatif n’ont pas été
appréciés à leur juste valeur, estiment ses proches

La grande amertume de Nabih Berry

L’article de Scarlett HADDAD

Les milieux proches du président de la Chambre ne cachent
pas leur grande amertume face à l’évolution des événements. Ces milieux
rappellent qu’il y a deux semaines à peine, Nabih Berry était aux yeux des
différents protagonistes, notamment les leaders de l’Alliance du 14 Mars, l’homme
des initiatives destinées à sortir le pays de l’impasse. Les mêmes milieux
ajoutent que les forces du 14 Mars avaient pratiquement supplié M. Berry de
reprendre les choses en main et de relancer les séances de dialogue tant elles
souhaitaient éviter que l’opposition n’ait recours à la rue pour obtenir le
départ de l’actuel gouvernement et la formation d’un gouvernement d’union nationale.

1ère
remarque, le dialogue 1 a été fait pour éviter le recours à la rue par
la majorité actuelle, qui rappelons nous voulait marcher sur le
palais de Baabda pour déloger Lahoud. Paradoxalement, ils avaient eu
même contribué à relégitimiser Lahoud en participant à son
gouvernement. L’année dernière, il était possible voir nécessaire de
virer Lahoud, par leur action politique et non par la rue, comme en
s’abstenant de participer à un gouvernement, par le vide
constitutionnel, par l’appel à la poursuite des manifestations qui ont
suivi le 14 mars, ils n’y ont pas procédé et aujourd’hui en payent le
prix.

Bon cela est aujourd’hui passé, par contre l’état
maintenant est un état faible et cela surtout suite au dernier conflit.
Outre le fait de la question de l’armement du Hezbollah, qu’il est
nécessaire de désarmer, l’état n’a plus les moyens de sa politique, il
croule sous la dette publique estimée à 41 milliards de dollars
actuellement officiellement, rajoutons 10 de plus officieusement à
cause des dettes vis à vis des hôpitaux, des instituts publics et des
offices autonomes.

Tout recours au désordre civil, que cela soit de
part et d’autre ne fera et que renforcer la faiblesse de l’état et
amener à de nouvelles difficultés économiques et sociales alors que la
situation  est déjà excécrable.

Selon ces milieux, tout en étant parfaitement conscient de
la gravité de l’heure et des divergences profondes dans les points de vue des
différentes parties, M. Berry a quand même lancé une initiative de la dernière
chance. Il avait d’ailleurs pris soin de le préciser ouvertement pour que
toutes les parties assument leurs responsabilités et sachent qu’elles ont
intérêt à saisir cette chance si elles sont réellement soucieuses de la
stabilité du Liban.

M. Berry – qui n’a jamais caché le fait que dans certains
dossiers, il ne peut en aucun cas être un arbitre car il se considère engagé
aux côtés du Hezbollah – avait quand même tenu compte des exigences de la
majorité, dans le but de donner une chance à un compromis qui serait à mi-chemin
entre les revendications de toutes les parties. Il avait ainsi fixé l’ordre du
jour des réunions de concertation en s’alignant officiellement sur l’agenda de
l’opposition, notamment la formation d’un gouvernement d’union nationale et
l’adoption d’une nouvelle loi électorale. Mais face aux objections de la
majorité, il avait promis que celle-ci pourrait aborder les thèmes de son choix,
sous le titre de gouvernement d’union nationale qui reste suffisamment vague et
large pour englober toute la crise dans laquelle se débat actuellement le pays.
En tout cas, il avait aussi laissé entendre à la majorité qu’il n’interromprait
aucun leader, quel que soit le contenu de son intervention.

C’est ainsi, toujours selon les milieux qui lui sont proches,
que Berry s’est, dès le début des réunions de concertation, montré ouvert à
toute formule de compromis, usant de son influence auprès de l’opposition pour
lui faire accepter un arrangement politique. Les milieux proches du président
de la Chambre rappellent ainsi que lorsque le chef du Courant du futur a, au
cours d’un aparté avec Berry et les représentants du Hezbollah en marge des
réunions de concertation, proposé un compromis consistant, pour l’opposition, à
accepter le projet de tribunal international moyennant la formation d’un
gouvernement d’union nationale, il s’est empressé de saisir cette occasion pour
vanter les bienfaits d’une solution à mi-chemin des revendications de toutes
les parties. Berry avait donc usé de son influence auprès du Hezbollah pour que
l’idée du compromis devienne acceptable, et il avait aussitôt laissé filtrer
dans la presse des informations sur l’existence d’un climat favorable.

Donc ici il était possible d’arriver à un compromis, lisons la suite:

Mais, ajoutent-ils,
le projet a été saboté par certaines forces au sein même du 14 Mars. Selon les
informations parvenues aux proches de M. Berry, les parties chrétiennes au sein
de cette alliance auraient menacé de s’en retirer si un tel compromis était
adopté, surtout qu’il n’évoque pas le thème de la présidence de la République.

La
on peut s’interroger sur la finalité de ces forces qui veulent être
calife à la place du calife, Iznogoud le retour? Il y avait un
compromis et pourtant ca a chaviré sur la question de la présidence de
la république, présidence maronite rappelons nous et donc les rôles
essentiels ont été vidés de tout sens par la constitution de Taëf, le
président étant obligé de signer les décrets alors qu’un simple
ministre peut diriger par ordonnance et décret. Bref …

Toujours
selon ces sources, ces forces auraient même alerté l’ambassadeur américain, qui,
à son tour, aurait contacté son Administration, pour accélérer l’envoi du
projet de tribunal international à Beyrouth. Et c’est ainsi qu’au moment où
Berry espérait pouvoir annoncer un compromis, les forces du 14 Mars ont court-circuité
la réunion. Le président de la Chambre s’est senti floué, d’autant que le
Premier ministre n’a pas voulu reporter la séance du Conseil des ministres
qu’il avait fixée au lundi 13 novembre. C’est pourquoi Berry a aussitôt accepté
l’idée de la démission des ministres chiites, en guise de riposte. Pourtant, alors
que l’opposition annonçait à cor et à cris sa détermination à descendre dans la
rue pour obtenir la formation d’un gouvernement d’union nationale, Le chef du
Législatif a exprimé son manque d’enthousiasme face au recours à la rue, qu’il
soit le fait de l’opposition ou celui de la majorité. Il a même retardé son
retour au Liban, tout en demandant à l’opposition de ne prendre aucune
initiative avant son arrivée à Beyrouth. Il voulait ainsi donner une nouvelle
chance aux efforts de médiation et permettre aux esprits échauffés de se calmer.

D’où ici mon interrogation le jour de l’assassinat de Pierre Gemayel et avant les évènements funestes,
j’avais écris un billet non publié qui s’intitulait "note d’espoir et
jeu de dupe" que je livre ici, mais bien sur ce texte n’est plus à jour
à la vue des évènements qui ont suivi ce mardi là.

"Une certaine rumeur court, elle serait la suivante :
les tensions actuelles entre le Hezbollah principalement et le mouvement dit du
14 mars en ce qui concerne et le tribunal international et la constitution d’un
gouvernement d’union national ne seraient qu’un jeu de dupe visant simplement à
présenter pour les uns et les autres et surtout pour leur militants un
compromis raisonnables mais surtout pour débarasser les uns et les autres des
influences étrangères perses ou occidentales

Plusieurs faits attestent de ceci :

Hier le discours de Nasrallah : il déclare ne pas être
compte contre le tribunal international, il souligne qu’il est contre le
gouvernement de Feltman mais non contre le gouvernement de Saniora, donc une
certaine nuance à remarquer tout de même.

Du coté du 14 mars, mis à part les élucubrations du
pensionnaire de l’asile des cèdres préparant ses armes pour une possible guerre
civile, chose dont il fantasme, j’en suis sure, le retour du seigneur guerrier
avec séance tenante sa fortune mal acquise, Messieurs Hariri et Joumblatt se
déclarent favorables au compromis contre l’acceptation du tribunal
international, chose déjà acceptée du coté opposé : Saad Hariri se disant
prêt au compromis avec l’ouverture de son gouvernement sans toutefois donné un
tiers de blocage, Joumblatt se disant également prêt au compromis avec en prime
son homme de lige Chéhadé déclarant il y a quelques jours qu’une défaite
iranienne et américaine au Moyen-Orient pourrait être bénéfique au Liban. D’autres
faits peuvent attester qu’il n’y a pas rupture comme les rencontres entre leur parrains respectifs, les
ambassadeurs saoudiens et iraniens au Liban, comme la visite certes annulée d’Aoun
en Arabie Saoudite ou encore la visite de Berry en Iran alors qu’il s’était
rendu en Arabie Saoudite il y a moins d’un mois.

Il pourrait y avoir accord entre les partis
prenants sur les objectifs
mais pas sur les moyens d’y arriver comme toujours dans ce pays
malheureusement, on cherche peut-être malgré cet accord en sous-main de
faire
avancer ses propres intérêts, celui non de la prise de pouvoir mais
d’affirmer nettement la prédominance de sa communauté en terme de
pouvoir entre sunnite et chiite.

On peut donc raisonnablement penser que le jeu en cours n’est
qu’un jeu de dupe, un jeu certes dangereux mais un jeu tout de même. Les menaces
manifestions n’étant qu’un bluff qui de toute façon ne pourront aboutir à
renverser comme l’année dernière le gouvernement, Saniora est d’une autre
trempe que Karamé et il n’y a pas eu mort d’homme jusque là…

On peut également penser que l’Arabie Saoudite se
sentant quand même
menacée au long terme par la stratégie américaine négocierait en sous
main un
deal avec l’Iran, pour contrer cette influence américaine, mettre la
main sur la Syrie par Khaddam interposé et ainsi conforter son rempart
face au probable état chiite arabe irakien qu’il soit pro américain
malgré les gesticulations politiques sur la scène
internationale. L’Iran elle, perse, se méfiant également de cet état
arabe certe chiite mais qui pourrait mettre à mal son influence auprès
des chiites du golfe et du Liban.

On peut raisonnablement penser que le jeu sur la scène
libanaise qui se joue est de faire accepter du chaque coté de laisser tomber
son parrain d’un coté iranien, de l’autre américain au profit peut-être de l’Arabie
Saoudite ce qui est probablement le cas, ou au profit simplement d’un Liban libre de toute influence étrangère qu’elle
soit saoudienne, iranienne mais aussi américaine. et surtout de le faire
accepter par la base des militants.

Dans un plus long terme, le jeu en cours pourrait
être de
rééquilibrer les pouvoirs au Liban, non plus entre chrétiens et
musulmans mais
dans une sorte de troïka de fait, entre chrétiens, sunnites et chiites
qui
chacun aujourd’hui pèsent 30% officiellement de la population d’après
les
estimations publiées dernièrement dans le quotidien An Nahar, les
sunnites n’acceptant pas de laisser aujourd’hui leur prédominance
politique à d’autres communautés qu’elle soit chrétienne avec le choix
d’alliés faibles ou le choix encore d’aller à la confrontation avec
chiites.

Les chiites peut-être
se sentent lésés de ne pas avoir de postes clé au pouvoir exécutif aujourd’hui
mais ils doivent savoir que dans notre système parlementaire, le principal poids
dans le pouvoir est celui du président de la chambre, occupé justement par un
chiite, Berry qui justement a le droit de vie ou de mort sur les projets de loi
électorale comme il l’a si bien démontré l’année dernière. Ils sont donc de
fait la première communauté libanaise pour l’exercice du pouvoir réel sur la
scène politique libanaise."

Suite de l’article de Scarlett

Une nouvelle fois, ajoutent ces milieux, ses efforts ont été
sabotés par la majorité, qui, au cours des derniers jours, a avancé des
propositions, avant de les retirer quelques heures plus tard. La majorité
menace même désormais de toucher à ses prérogatives en convoquant une réunion
parlementaire sans son accord. Même sa participation aux obsèques du ministre
Pierre Gemayel, qui se voulait comme une tentative d’ouverture et un effort
visant à briser la division du pays en deux camps bien distincts, n’a pas été
accueillie comme elle le devait puisqu’il a été hué par les manifestants.

Ca ressemble à ce que je disais déjà dans mes billets précédents à propos de nos fous et à propos des condoléances.

Résultat : aujourd’hui, selon les milieux qui lui sont
proches, Berry s’est aligné sur les positions du Hezbollah et ne cèdera pas sur
les pouvoirs du président de la Chambre. Il a aussi le sentiment qu’il existe
des forces occultes qui s’acharnent à vouloir saboter toute tentative d’accord
entre les différentes parties.

On se demande bien quelles forces, sous entendu ici dans ce paragraphe de cet article des forces chrétiennes …

Si Berry rend hommage à la sagesse et à la dignité du
président Amine Gemayel et s’il apprécie la visite qu’il lui a rendue hier, à
Aïn el-Tiné, ses proches affirment qu’il n’est pas prêt, pour l’instant, à
reprendre ses efforts de médiation, sans un minimum de garanties. En tout cas, selon
ses proches, il est plus que jamais une partie dans le conflit qui oppose les
Libanais. S’il reste aux yeux de la majorité un interlocuteur valable, c’est
elle qui, cette fois, devra prendre l’initiative…

chrétiennes
et pas celles d’Amine Gemayel ni des Kataëb ni Kornet Shewan comme le
démontre la visite de Harb à Ein Tiné mais allons chercher ailleurs du
coté de la montagne des cèdres.

Quel est ce parti chrétien qui a saboté le
dialogue il y a 2 semaines, pour quelles raisons, et quelles ont été
ses actions depuis, ses appels à la discorde. Il y a convergence de
faits vis à vis de ce parti chrétien pour expliquer bien des choses qui
se sont déroulés dernièrement et en particulier les différents échecs à
rapprocher les points de vue, surtout qu’il y a en fin de compte accord
sur les objectifs finaux, désarmement etc… mais désaccord sur la
méthode pour y parvenir.

Ce genre d’attitude irresponsable de ce parti chrétien du 14 mars nous a conduit à la situation actuelle.

Il faut désormais mettre de coté, les semeurs de
zizanie pour faire la part des choses, accepter les responsabilité de
l’échec et dialoguer, il n’y a plus de place à la confrontation, il
s’agit de la dernière chance avant les périodes
tragiques que le Liban connaitra à nouveau.

 

Recently

  • Changements?
  • Ripe up
  • La preuve par l’image
  • vacances forcées
  • Hommage à Françoise de Mulder
  • One Year Later
  • Le chemin de la lumière
  • On vous invite
  • Ah ces zones de non-droit …
  • Help the Ni’lin video whistleblower
  •  

    Leave a Reply

    XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>