« La grande amertume de Nabih Berry » by L’Orient le Jour

Pour revenir sur les raisons de l’échec du dialogue, je voudrais ici mettre en ligne cet article publié aujourd’hui dans l’Orient le Jour est écrit par Scarlett Haddad. Je tiens également à préciser une fois de plus que je ne suis pas du tout partisan de Nabih Berry que je considère comme étant l’un des grands mafieux de l’administration libanaise avec son Conseil du Sud (et voir à ce propos l’article de Samir Kassir publié en 1994 dans le Monde diplomatique et qui dénonçait déjà l’époque le système de corruption mis en place par nos chères Nabih Berry, Walid Joumblatt et la caisse des déplacés et Hariri père avec Solidere). Je considère également Nabih Berry responsable de la situation politique dans laquelle on est aujourd’hui en raison de son rôle l’année dernière comme président de la chambre des députés de la non adoption d’une loi électorale juste entre tous les libanais au mépris de l’article 1 de la constitution qui reconnait des droits identiques à tout citoyen libanais.

“La grande amertume de Nabih Berry” by L’Orient le Jour

Pour revenir sur les raisons de l’échec du dialogue, je
voudrais ici mettre en ligne cet article publié aujourd’hui dans l’Orient le
Jour est écrit par Scarlett Haddad. Je tiens également à préciser une fois de plus que je ne suis pas du tout partisan de Nabih Berry que je considère comme étant l’un des grands mafieux de l’administration libanaise avec son Conseil du Sud (et voir à ce propos l’article de Samir Kassir publié en 1994 dans le Monde diplomatique et qui dénonçait déjà l’époque le système de corruption mis en place par nos chères Nabih Berry, Walid Joumblatt et la caisse des déplacés et Hariri père avec Solidere). Je considère également Nabih Berry responsable de la situation politique dans laquelle on est aujourd’hui en raison de son rôle l’année dernière comme président de la chambre des députés de la non adoption d’une loi électorale juste entre tous les libanais au mépris de l’article 1 de la constitution qui reconnait des droits identiques à tout citoyen libanais.

L’affaire des portraits, l’étincelle qu’il fallait éviter

Après l’affaire des caricatures de Mohammed, l’affaire des portraits au Liban, mais cette fois-ci au lieu que cela soit des islamistes salafistes alliés à Dar el Fatwa (et donc d’une certaine manière donc à notre chère majorité), ce sont les extrémistes bien chrétiens d’Ashrafieh qui s’occupent d’allumer le feu, au sens propre comme au sens figuré, aidés par nos pompiers-politiciens-pyromanes que ne cessent que de mettre du napalm sur le feu.

Il y a une semaine, un portrait du général Michel Aoun a été brulé place Sassine dans ce que certains appelaient « c’est la fête au
village ». Cet acte idiot n’eu pas de suite immédiate dans l’ambiance de deuil de l’époque, mais c’était l’étincelle de la guerre des portraits.

Hier, 2 nouveaux actes, l’un rue Huvelin ou des étudiants apparentés FL ont tenté d’accrocher un portrait de Pierre Gemayel aux bâtiments de l’USJ, et alors que les comités de cette faculté n’avaient pas donné leur accord. Début de bagarre entre aounistes (majoritaires dans ce campus) qui trouvaient la qu’il y avait une provocation suite à l’incident de la semaine dernière et forces
libanaises  puis accord sous l’égide des responsables de cette université, le portrait aura été accroché le temps d’une cérémonie à la mémoire du défunt.

Nouvel incident hier avant minuit, des militants du CPL qui ont tenté raccrocher le portrait du député Michel Aoun à Sassine incendié la semaine dernière et après accord du Caimacam de Beyrouth, se sont fait prendre à parti par des gamins d’à peine 20 ans embrigadés par les forces libanaises (ce que ne dit pas le Nahar proche de la majorité actuelle mais ce que confirme l’Orient le Jour), et qui ne savent même pas ce qu’est la guerre et ce qu’est le malheur de la guerre. Ils agissent tel des moutons de panurge.

Aujourd’hui, l’atmosphère demeure tendue, avec d’un coté les membres proches des FL qui accusent les aounistes de terrorisme à l’image du
Fouad Khassen, ancien député du Kesrouan à propos des grenades trouvées à proximité de son domicile, et de l’autre coté des arrestations de militants FL en séance d’entrainement à Nahr Brahim (les forces libanaises prétendant que ceux-ci sont les gardes du corps du PDG de la LBCI) et le retour d’un ancien responsable de leur renseignement militaire, auteur de nombreux sales coup
pendant la guerre, il y a 2 semaines, condamné à mort par contumas mais qui pourtant se promène librement.

Du coté chiite/sunnite, on peut dire que le calme est tout de même relatif, à l’image du Eido qui hier encore déclarait que le sang des
martyrs servira à acheter des armes, comme le rappelle Moustapha sur le blog Beirut Spring, pour entrer en confrontation avec le Hezbollah.

Ces paroles font un peu écho à l’incident de Mar Elias ou il y a eu une rixe entre un militant du mouvement du Futur et un autre d’Amal, il y a 2 jours, nécessitant l’intervention rapide des forces de l’ordre, et cela sans parler des incidents de la semaine dernière au niveau de la route de l’aéroport, de Chyah et de Zahel Blatt, déjà incidents suite aux propos de Walid Joumblatt concernant le portrait géant de Nasrallah… une histoire de portrait déjà mal placé…

L’atmosphère politique au Liban est donc très volatile, la moindre étincelle dans cet atmosphère de kérosène suffit à remettre le feu, à arranger le portrait des autres, et certains idiots du village prétendent que le Liban est un phénix qui a besoin de se consumer pour renaitre, comme le démontrent leur discours dans lesquels ils appellent à la haine réciproque, sunnites contre chiites, chrétiens entre eux et en général, les libanais contre d’autres libanais.

Mais les gens, la population en vérité est fatiguée, il faut à tout prix calmer les gens un peu à l’image
de la visite prévue aujourd’hui d’Aoun à Amine Gemayel.

Espérons que si incident il y a, cette fois ci,
contrairement aux évènements de 1975, l’armée libanaise interviendra rapidement
pour calmer les choses, par l’usage de la force si nécessaire pour que le pays
ne plonge pas dans un nouveau conflit civil. On a parfois l’impression qu’on est déjà de facto
en guerre civile maintenant, une guerre religieuse et entre factions politiques, « une drôle de guerre » bien larvé

Implantation palestinienne au Liban?

Une personne m’a rapporté que les faits suivants se seraient produits lors de la conférence du dialogue.

On aurait proposé au député et dirigeant du bloc du changement et de la réforme, le marché suivant:

  • acceptation du tribunal international,
  • gouvernement d’union national,
  • élection à la présidence de la république,
  • désarmement du hezbollah
  • contre l’implantation des palestiniens au Liban.

Michel Aoun aurait répondu à cela:

  • tribunal international, oui absolument, je ne m’y suis jamais opposé,
  • gouvernement d’union national, bien sur, il est nécessaire vu le climat politique et régional
  • élection à la présidence de la république, dernier de mes soucis en ce moment, il y a un pays à sauver
  • Désarmement du Hezbollah par l’entente nationale pour éviter les conflits civils
  • Implantation des palestiniens au Liban, jamais.

Il aurait insisté sur le fait que s’il était élu à la première magistrature du pays, cela n’est pas pour combattre, pour faire la guerre mais pour construire, et que donc il ne peut que refuser tout ce qui pourrait amener au conflit comme l’implantation palestinienne et le désarmement par la force du Hezbollah.

Les personnes ayant posé ce jeu sur la table, je ne sais pas de qui il s’agit mais en tout cas qui en aurait intérêt?
Tout d’abord la rue sunnite pour restaurer son influence en perte de vitesse démocraphique face à la population chiite du Liban comme le rappelle d’ailleurs les slogans de la guerre civile où le bras armé sunnite était les palestiniens dont une partie, la Saika était instrumentalisée par la Syrie.
En deuxième lieu, cela introduirait une instabilité chronique au Liban pouvant mener à de futures guerres et donc servirait les intérêts de tous les partis qu’ils soient les pions de l’étranger ou les rêveurs du retour à leur anciens vice de seigneurs de guerre et ce qui exclu ceux qui placent le Liban en premier. L’implantation palestinienne au Liban conduira à des troubles religieux entre sunnites et chiites et donc à la guerre civile.
L’implantation des palestiniens au Liban fait également écho au plan Kissinger des années 70, plan qui prévoyait la transformation du Liban en état palestinien, mais fait également écho un peu au nouveau Moyen Orient et rappelle les paroles de Condoleezza Rice prévoyant des pays plus homogènes, ici le Liban est sacrifié pour rendre Israël plus homogène, plus juif.

L’implantation des palestiniens est à exclure même si on se doit comme pays d’accueil leur permettre de vivre en attendant leur retour. Le Liban est d’un équilibre trop fragile pour le déstabiliser en implantant les palestiniens. Le Liban est le seul exemple de coexistence plus ou moins pacifique, plus sans les interférences étrangères et moins à cause de ces interventions dans les affaires internes du pays et en cela peut-être est une hérésie parce qu’il prouve qu’on peut exister les uns avec les autres contrairement au nouveau Moyen Orient.

Ce billet est, avant tout, une réponse au premier ministre israélien Ehud Olmert qui vient aujourd’hui d’appeler les palestiniens à abandonner leur droit au retour contre la paix. Tout d’abord un Liban déstabilisé par une présence palestienne n’est pas un gage de sécurité pour les israéliens, tous les évènements passés, présents et à venir au Liban sont liés avant tout au problème israélo-palestinien, ils y a les symptomes comme la question du Hezbollah et les causes sont palestiniennes, qui ont abouti à la quasi-destructions de l’état libanais suite aux accords du Caire, à la constitution du Fatahland des années 70 et aujourd’hui à la négation de la souveraineté libanaise à l’intérieure des camps palestiniens.

Résoudre le problème du droit au retour est certe une question israélo-palestinienne mais du coté des libanais, les choses doivent être claires, qu’ils se débrouillent pour que la présence palestinienne au Liban se termine en par exemple les implantant en Israël ou dans le futur état palestinien, cela ne nous regarde pas et ainsi pour atteindre une paix durable de chaque coté de la frontière libano-israélienne.

Les citoyens libanais eux, ne sont pas prêt à une fois de plus sacrifier leur pays déjà meurtri par la guerre de 75 à cause du problème palestiniens. Les réfugiers palestiniens au Liban n’ont et n’auront jamais comme destin de demeurer ad vitam eternam au Liban. Les citoyens libanais eux n’abandonneront pas leur droit à un Liban libre de toute présence armée étrangère et interne et à disposer d’un pays souverain.

(photo des archives de l’UNRWA d’une famille palestinienne déplacée par la guerre au Liban dans les années 50)

calme

Journée plutôt calme aujourd’hui, comme d’ailleurs me faisait remarquer lundi dernier une amie, alors que s’annonçait la tempête politique de mardi qui a emporté Pierre Gemayel.

Serions-nous dans l’œil du cyclone, le pire étant encore non pas derrière nous mais devant nous?

Après ce calme, toujours la tempête se fait encore plus rude, alors que s’annoncent les manifestations et les contre-manifestations aux manifestations, les luttes quasi-religieuses alors qu’on ne veut accepter d’effectivement nous avons un problème, avec en toile de fond, les discours à caractères sectaires voir claniques, échos de périodes grégaires et passées qui semblent malheureusement resurgir pour nous plonger dans un nouvel âge ancien pour ne pas dire une période d’obscurité.

Tout ce que j’ai écris ici, ne veut rien dire cependant, je ne l’appui pas avec des faits, mais avec des sentiments éprouvés par le passé de la guerre fraticide que ce pays a déjà connu, je m’attends non plus au meilleur mais au pire pour me contenter du peu de bonheur si les choses tournent bien.

En espérant que cette période de calme tendue, calme relatif, puisse dégénérer, contrairement à l’habitude dans ce pays, en calme pour la paix…

ah oui c’est vrai, je habite au Liban, où les hommes politiques ne peuvent que verser non pas de l’huile mais du napalm et finissent
par bruler non pas leur maison mais tout le pays. Nos abadayes préparent la nuit de leur long couteaux en prévision des évènements à venir, certains ayant déjà leur armes sur place, d’autres se préparant au combat sans les armes … pour le moment mais n’hésitant pas déjà à se dire prêt aux sacrifices, et malheureusement, il s’agit toujours des autres à sacrifier, jamais soit même, et ainsi ils pourront venir nous tourmenter une nouvelle fois.

Je me demande parfois si tous ce qui se passe actuellement n’est un jeu de dupe, nos seigneurs veulent redevenir saigneurs-bouchers, ils veulent la guerre mais n’osent la déclarer entre eux, ils ne veulent la paix et contribuent à rendre le chemin de croix vers cette paix encore plus dure.

Oh on a déjà notre fou illuminé de dieu, qui se prend pour le Nostradamus des temps modernes, prédisant par ci, par là qu’on aura des assassinats, quel scoop! Tant que lui même n’est pas victime alors qu’il était bien le bourreau, il semble vouloir redevenir saigneur de guerre, lui qui se dit prêt aux sacrifices… tant qu’il s’agisse des sacrifices des autres!

On a notre fou de dieu, brandissant la bannière du sacrifice à la nation, pensant être le grand victorieux à la Pyrrhus!

On a notre fou de la montagne, sentant le vent changer dans telle ou telle direction, se déplaçant toujours en diagonale selon la direction du vent tel une girouette, indiquant la direction du vent fort et changeant de point de vue du jour au lendemain.

Et des fous dans ce jeu d’échec, on en a des quantités, mais nul de têtes couronnées à sauver, on est déjà échec et mat. Quant à la reine, ou plutôt la princesse, tout le monde l’a déjà violé comme le dit si bien cette expression « aux frais de la princesse » pour désigner l’état libanais.

Les joueurs eux, ils se trouvent à Damas, à Téhéran, à Washington, à Riad et sont tous prêt à sacrifier les pions que nous sommes, nous le peuple pour gagner cette partie d’échecs contre leur adversaires.

Et l’échec dans tout cela, c’est l’idée même qu’un pays comme le Liban puisse exister.

Condoléances

Hier après-midi, on s’est rendu en délégations familiales aux condoléances de la famille Gemayel pour leur transmettre toute notre
sympathie vis-à-vis de cet événement tragique qu’est la perte de leur enfants, père, frère, cousin, neveu.

Tout d’abord dans la queue, beaucoup d’inconnus et personnes plus ou moins connues venues également rassemblées pour exprimer leur compassion à la famille du défunt, défunt dont le sacrifice rappelle le sacrifice d’autres membres du clan Gemayel, Maya, Béchir, Amine Assouad, et de leur compagnons qu’il ne faut quand même pas oubliés, ceux de la première heure, de l’époque héroïque
avant que la machine des tourments de la guerre ne s’emballe et n’emporte le Liban durant les 15 ans de guerre civile.

De même, j’espère avec force et conviction que les libanais et les libanaises auront appris de leur passé qu’il faut éviter à tout prix ces
tourments pour construire non pas des Liban pour chacun mais un Liban pour tous.

A l’intérieur, successivement reçu l’accolade de certains, mon père étant d’une certaine manière proche de cette famille meurtrie,
présentant nos condoléance de manière plus solennelle à d’autre comme aux fils de Bachir, à Samy, et au président Amine Gemayel, réconfortant au passage une mère qui a perdu son fils et qui s’effondre en pleurs, présentant notre soutien à la recherche de la vérité à cette famille au destin tragique, à Claude et Fouad, à sœur Arzé qui malgré le malheur est toujours souriante, pensant que quoi qu’il arrive, cela est la volonté du seigneur, nous raccompagnant au seuil de la demeure familiale, rencontrant Nicole en pleur et réconfortée par ses amies dans le salon du bas.

Hier, après-midi, le temps s’était comme arrêté sur le partage du malheur d’une famille-martyr du Liban, hier nul mot ne pourrait exprimer réellement le poids des sentiments éprouvés face à malheur si ce n’est, espérons que cet assassinat soit le dernier.

Echos inquiétants

Hier on a eu des funérailles très politisées de Pierre Gemayel comme le souligne assez bien cet article.
On a également assisté hier à des troubles qui ont suivi ces funérailles à Beyrouth Zahar Blatt, devant le domicile de l’ancien premier ministre Salim Hoss, ou dans la banlieue sud à Chyah et au niveau de la route de l’aéroport et pour terminer cerise sur le gâteau si on peut toutefois parler de gourmandise amère, Al Qaida qui se manifeste dans le camp palestinien de Beddawi à Tripoli, comme si les libanais n’avaient pas appris de leur passé que le véritable objectif des assassins est avant tout la déstabilisation et en cela les fauteurs de troubles en niant les appels au calme civil et qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition sont les complices des meurtriers.

Les funérailles de Pierre Gemayel auraient dues être à l’image de la courageuse venue de Nabih Berry qui a pourtant été accueilli sous les hués de certains et que comme nous le savons tous, je ne tiens pas beaucoup pourtant en haute estime, un moment de coexistence, un moment d’unité dans le malheur et cela surtout que les troubles qui ont suivi des assassinats politique au pays du cèdres, ont débouché, si on remet les évènements d’un point de vue historique sur conflits intérieurs larvés ou ouverts comme ce fut le cas en 58 ou en 75, comme ce fut le cas en 82, comme ce fut le cas en 84.
Cela n’a pas été le cas et le fossé entre les masses populaires d’un coté comme de l’autre se sont encore approfondies comme le démontrent ses incidents, certains spécialistes du Moyen Orient, comme Fisk dans un article publié hier dans un journal anglophone dont je n’ai malheureusement pas sauvegardé le lien, mettent en garde le Liban et les libanais contre de possibles troubles armés voir une guerre civile au pire même si celle-ci, toujours d’après ces spécialistes reste pour le moment à exclure estimant que les libanais ne veulent et et ne peuvent être impliqués en raison de la mémoire encore fraiche de la guerre de 75 à 90 et de l’état lamentable de l’économie libanaise qui ne peut s’en payer le luxe actuellement.

Sur la scène internationale,alors que se multiplient les troubles, la classe politique italienne s’est affrontée sur le maintien ou non de leur troupes au sein de la FINUL. A l’ancien ministre de la défense qui réclame ce retrait, Maximo d’Alema retorque que certe le mandat des forces de l’ONU est faible, est très peu clair, mais que dans les difficultés il faut rester, admettant ainsi que la situation actuelle de possible déstabilisation politique est gravissime. Après tout, ne disaient on pas pendant la deuxième guerre mondiale que la seule chose que les forces italiennes savaient faire était de courir!
Je rappelle ici que lors de la constitution de la FINUL renforcée, les autorités françaises mettaient déjà en avant le manque de clarté du nouveau mandat international et justifiaient ainsi leur atermoiement à accepter le commandement qui pourtant devait leur échoir, situation dont avait profité à l’époque le gouvernement italien pour prendre ce commandement.

A signaler enfin pour terminer les articles du Times, du LATimes, qui estiment désormais que les responsables américains n’ont rien appris du passé et de l’histoire du Liban, mais en voyant hier le déroulement des évènements, peut-on également dire qu’on a appris quelque chose de notre propre passé?

Je suis désolé de dépeindre la situation d’une manière aussi pessimiste mais les tensions actuelles me font craindre le pire et la configuration des forces en présence et les évènements actuels ne m’incitent pas à l’optimisme, je préfère donc m’attendre au pire pour me contenter du « moins pire »

Tensions

La situation semble être très tendue ce soir. D’après LCI, il y a eu des bagarres entres sunnites et chiites mais ils n’ont rien dit de plus. On peut craindre que le Liban soit sévèrement déstabilisé. Ainsi les assassins de Pierre Gemayel auraient réussi leur coup d’éclat. Nos dirigeants appellent au contraire à la confrontation au lieu de calmer le jeu pour ensuite agir.

Assassinat de Pierre Gemayel, quelques remarques…

Revenons d’abord sur le contexte politique interne. Nous savons déjà quelle est la situation politique avec la situation du gouvernement, à remarquer cependant il y a eu le discours de Nasrallah il y a 2 jours, menaçant certes par des manifestations mais excluant la violence. Il y a eu la réponse de Geagea, rappelant que les Forces Libanaises étaient prêtes à tous les sacrifices, les autres politiciens libanais appelant plutôt au calme.

Contexte politique international : le vote pour le tribunal international par le Conseil de Sécurité.

Les implications et conséquences de ce crime: perte d’une voix pour le gouvernement, donc on se rapproche de la limite des 2/3 pour sa dissolution au bénéfice des partisans de la Syrie, de l’autre coté, remobilisation en faveur du 14 mars alors que ce mouvement était en perte de vitesse, mobilisation dans la rue voir dans les urnes si jamais les électeurs sont appelés au vote pour des élections législatives anticipées.

Maintenant la méthode.

Les assassinats de personnalité ou tentatives d’assassinat à bout portant sont plutôt rares au Liban, on préfère les bombes comme cela a été le cas dernièrement aux pistolets, pistolet équipé d’un silencieux, cet assassinat a été d’un silence fracassant. Le motus operandis est donc différent des uns et coutumes habituelles et pratiquement de « l’assassinat traditionnel d’hommes politiques ayant court au Liban », ce qui m’amène à me demander pourquoi et est ce que les commanditaires sont les mêmes que ceux des derniers crimes, à moins que les assassins aient décidé de varier de méthode.

A remarquer les rumeurs d’infiltration du service de sécurité du ministre, le fait qu’il ne soit pas vraiment protégé et l’aisance pour les assassins de quitter les lieux de crimes sans être arrêtés ni par les passants ni même encore par les services de sécurité pourtant déployés vu le contexte politique en cours, donc des complicités internes à ne pas exclure au sein des services sécuritaires libanais.

Cependant il y en a bien sure eu de tels assassinats dans l’Histoire de ce jeune pays :

  • En 1951, à Amman l’assassinat du père de l’indépendance, Riad el Solh par un activiste du Baas pro syrien.
  • En 1958, l’assassinat de Nassib Metni qui menait une campagne contre le renouvellement du mandat de Camille Chamoun et qui déclencha la mini guerre civile de 58 d’ailleurs
  • En 1966, Kamel Mroué, tué par des nassériens alors qu’il était accusé de collaborer avec les occidentaux.
  • 1975, Maarouf Saad, (nassérien) assassiné à Saida en février, suivi en avril de la tentative d’assassinat de Pierre Gemayel (le grand père) à Ein Remeneh, éléments déclencheurs de la guerre civile qui secoua le Liban de 75 à 90
  • 1977, Kamal Joumblatt mitraillé à 100 mètres d’un barrage syrien. Il ne fait aucun doute sur le rôle de la Syrie déjà à l’époque.
  • 1978, Tony Franjie, sa femme et ses enfants par les FL et dit-on lors d’une opération commandée déjà par Geagea.
  • 1990, octobre, Danny Chamoun, sa femme, ses enfants à l’exception de sa fille de 2 mois par un commando FL à la demande syrienne dit-on.

Les victimes ont été sunnites, chiites, chrétiennes, druzes, laïques mais toutes avaient en commun d’être libanaises et de placer le Liban avant tout autre intérêt. Le Liban au delà de l’appartenance religieuse et communautaire.

Cette fastidieuse liste ne sert qu’à démontrer que le Liban se doit d’être indépendant de toute ingérence étrangère, et nos hommes politiques doivent choisir leur propre indépendance pour pouvoir se consacrer à l’indépendance du pays.

Sans accuser un parti ou un autre, le nom des commanditaires ont toujours été ceux qui reniaient l’indépendance du Liban qu’ils fussent Baassistes, nasséristes, palestiniens, syriens et même sur un schéma interne ceux qui voulaient accaparer le pouvoir en prolongeant un mandat présidentiel ou en prolongeant un état de guerre.

Le résultat de ces actes a toujours été une déstabilisation voir une guerre civile.

Le nom des victimes sont là gravés dans nos mémoires, à ces noms s’ajoutent celles des victimes anonymes des combats, des attentats pour cette indépendance, la route est encore longue, et il y aura encore d’autres victimes, d’autres morts et ne tombons pas pour une fois dans le piège de désunion que nous posent les ennemis du Liban.

Collection et mayday

Le billet « faites la guerre, pas l’amour » a aujourd’hui été publié dans L’orient Le Jour. Vous pouvez toujours le voir plus bas… J’ai l’impression d’avoir un abonnement là bas :s 😉 Sinon en ce moment, je suis en panne d’inspiration, j’ai bien préparé un pt’t truc sur Nasrallah mais … je dois admettre que Nasrallah semble être encore meilleur que la plupart de nos hommes politiques bien corrompus et dont les mains ont encore le sang de leur victimes… malheureusement …