Archive for November, 2006

 

“La grande amertume de Nabih Berry” by L’Orient le Jour

Nov 30, 2006 in Histoire

Pour revenir sur les raisons de l’échec du dialogue, je
voudrais ici mettre en ligne cet article publié aujourd’hui dans l’Orient le
Jour est écrit par Scarlett Haddad. Je tiens également à préciser une fois de plus que je ne suis pas du tout partisan de Nabih Berry que je considère comme étant l’un des grands mafieux de l’administration libanaise avec son Conseil du Sud (et voir à ce propos l’article de Samir Kassir publié en 1994 dans le Monde diplomatique et qui dénonçait déjà l’époque le système de corruption mis en place par nos chères Nabih Berry, Walid Joumblatt et la caisse des déplacés et Hariri père avec Solidere). Je considère également Nabih Berry responsable de la situation politique dans laquelle on est aujourd’hui en raison de son rôle l’année dernière comme président de la chambre des députés de la non adoption d’une loi électorale juste entre tous les libanais au mépris de l’article 1 de la constitution qui reconnait des droits identiques à tout citoyen libanais.

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L’affaire des portraits, l’étincelle qu’il fallait éviter

Nov 29, 2006 in Actualité

Après l’affaire des caricatures de Mohammed, l’affaire des
portraits au Liban, mais cette fois-ci au lieu que cela soit des islamistes salafistes alliés à Dar el Fatwa (et donc d’une certaine manière donc à notre chère majorité), ce sont les extrémistes bien chrétiens d’Ashrafieh qui s’occupent d’allumer le feu, au sens propre comme au sens figuré, aidés par nos pompiers-politiciens-pyromanes que ne cessent que de mettre du napalm sur le feu.

Il y a une semaine, un portrait du général Michel Aoun a été
brulé place Sassine dans ce que certains appelaient « c’est la fête au
village ». Cet acte idiot n’eu pas de suite immédiate dans l’ambiance de
deuil de l’époque, mais c’était l’étincelle de la guerre des portraits.

Hier, 2 nouveaux actes, l’un rue Huvelin ou des étudiants apparentés
FL ont tenté d’accrocher un portrait de Pierre Gemayel aux bâtiments de l’USJ, et
alors que les comités de cette faculté n’avaient pas donné leur accord. Début de
bagarre entre aounistes (majoritaires dans ce campus) qui trouvaient la qu’il y
avait une provocation suite à l’incident de la semaine dernière et forces
libanaises  puis accord sous l’égide des responsables de cette université, le portrait aura
été accroché le temps d’une cérémonie à la mémoire du défunt.

Nouvel incident hier avant minuit, des militants du CPL qui ont
tenté raccrocher le portrait du député Michel Aoun à Sassine incendié la semaine dernière et après accord du
Caimacam de Beyrouth, se sont fait prendre à parti par des gamins d’à peine 20 ans embrigadés par les forces libanaises (ce que ne dit pas le Nahar proche de la majorité actuelle mais ce que confirme
l’Orient le Jour), et qui ne savent même pas ce qu’est la guerre et ce qu’est le malheur de la guerre. Ils agissent tel des moutons de panurge.

Aujourd’hui, l’atmosphère demeure tendue, avec d’un coté les
membres proches des FL qui accusent les aounistes de terrorisme à l’image du
Fouad Khassen, ancien député du Kesrouan à propos des grenades trouvées à
proximité de son domicile, et de l’autre coté des arrestations de militants FL
en séance d’entrainement à Nahr Brahim (les forces libanaises prétendant que ceux-ci
sont les gardes du corps du PDG de la LBCI) et le retour d’un ancien
responsable de leur renseignement militaire, auteur de nombreux sales coup
pendant la guerre, il y a 2 semaines, condamné à mort par contumas mais qui
pourtant se promène librement.

Du coté chiite/sunnite, on peut dire que le calme est tout
de même relatif, à l’image du Eido qui hier encore déclarait que le sang des
martyrs servira à acheter des armes, comme le rappelle Moustapha sur le blog Beirut Spring, pour entrer en confrontation avec le Hezbollah.

Ces paroles font un peu écho à l’incident de Mar Elias ou il
y a eu une rixe entre un militant du mouvement du Futur et un autre d’Amal, il
y a 2 jours, nécessitant l’intervention rapide des forces de l’ordre, et cela sans parler des incidents de la semaine dernière au niveau de la route de l’aéroport, de Chyah et de Zahel Blatt, déjà incidents suite aux propos de Walid Joumblatt concernant le portrait géant de Nasrallah… une histoire de portrait déjà mal placé…

 

L’atmosphère politique au Liban est donc très volatile, la moindre étincelle dans cet atmosphère de kérosène suffit à remettre le feu, à arranger le portrait des autres, et certains idiots du village prétendent que le Liban est un phénix qui a besoin de se consumer pour renaitre, comme le démontrent leur discours dans lesquels ils appellent à la haine réciproque, sunnites contre chiites, chrétiens entre eux et en général, les libanais contre d’autres libanais.

Mais les gens, la population en vérité est fatiguée, il faut à tout prix calmer les gens un peu à l’image
de la visite prévue aujourd’hui d’Aoun à Amine Gemayel.

Espérons que si incident il y a, cette fois ci,
contrairement aux évènements de 1975, l’armée libanaise interviendra rapidement
pour calmer les choses, par l’usage de la force si nécessaire pour que le pays
ne plonge pas dans un nouveau conflit civil. On a parfois l’impression qu’on est déjà de facto
en guerre civile maintenant, une guerre religieuse et entre factions politiques, "une drôle de guerre" bien larvée.

Implantation palestinienne au Liban?

Nov 28, 2006 in Actualité

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Une personne m’a rapporté que les faits suivants se seraient produits lors de la conférence du dialogue.

On aurait proposé au député et dirigeant du bloc du changement et de la réforme, le marché suivant:

  • acceptation du tribunal international,
  • gouvernement d’union national,
  • élection à la présidence de la république,
  • désarmement du hezbollah
  • contre l’implantation des palestiniens au Liban.

Michel Aoun aurait répondu à cela:

  • tribunal international, oui absolument, je ne m’y suis jamais opposé,
  • gouvernement d’union national, bien sur, il est nécessaire vu le climat politique et régional
  • élection à la présidence de la république, dernier de mes soucis en ce moment, il y a un pays à sauver
  • Désarmement du Hezbollah par l’entente nationale pour éviter les conflits civils
  • Implantation des palestiniens au Liban, jamais.

Il aurait insisté sur le fait que s’il était élu à la première magistrature du pays, cela n’est pas pour combattre, pour faire la guerre mais pour construire, et que donc il ne peut que refuser tout ce qui pourrait amener au conflit comme l’implantation palestinienne et le désarmement par la force du Hezbollah.

Les personnes ayant posé ce jeu sur la table, je ne sais pas de qui il s’agit mais en tout cas qui en aurait intérêt?
Tout d’abord la rue sunnite pour restaurer son influence en perte de vitesse démocraphique face à la population chiite du Liban comme le rappelle d’ailleurs les slogans de la guerre civile où le bras armé sunnite était les palestiniens dont une partie, la Saika était instrumentalisée par la Syrie.
En deuxième lieu, cela introduirait une instabilité chronique au Liban pouvant mener à de futures guerres et donc servirait les intérêts de tous les partis qu’ils soient les pions de l’étranger ou les rêveurs du retour à leur anciens vice de seigneurs de guerre et ce qui exclu ceux qui placent le Liban en premier. L’implantation palestinienne au Liban conduira à des troubles religieux entre sunnites et chiites et donc à la guerre civile.
L’implantation des palestiniens au Liban fait également écho au plan Kissinger des années 70, plan qui prévoyait la transformation du Liban en état palestinien, mais fait également écho un peu au nouveau Moyen Orient et rappelle les paroles de Condoleezza Rice prévoyant des pays plus homogènes, ici le Liban est sacrifié pour rendre Israël plus homogène, plus juif.

L’implantation des palestiniens est à exclure même si on se doit comme pays d’accueil leur permettre de vivre en attendant leur retour. Le Liban est d’un équilibre trop fragile pour le déstabiliser en implantant les palestiniens. Le Liban est le seul exemple de coexistence plus ou moins pacifique, plus sans les interférences étrangères et moins à cause de ces interventions dans les affaires internes du pays et en cela peut-être est une hérésie parce qu’il prouve qu’on peut exister les uns avec les autres contrairement au nouveau Moyen Orient.

Ce billet est, avant tout, une réponse au premier ministre israélien Ehud Olmert qui vient aujourd’hui d’appeler les palestiniens à abandonner leur droit au retour contre la paix. Tout d’abord un Liban déstabilisé par une présence palestienne n’est pas un gage de sécurité pour les israéliens, tous les évènements passés, présents et à venir au Liban sont liés avant tout au problème israélo-palestinien, ils y a les symptomes comme la question du Hezbollah et les causes sont palestiniennes, qui ont abouti à la quasi-destructions de l’état libanais suite aux accords du Caire, à la constitution du Fatahland des années 70 et aujourd’hui à la négation de la souveraineté libanaise à l’intérieure des camps palestiniens.

Résoudre le problème du droit au retour est certe une question israélo-palestinienne mais du coté des libanais, les choses doivent être claires, qu’ils se débrouillent pour que la présence palestinienne au Liban se termine en par exemple les implantant en Israël ou dans le futur état palestinien, cela ne nous regarde pas et ainsi pour atteindre une paix durable de chaque coté de la frontière libano-israélienne.

Les citoyens libanais eux, ne sont pas prêt à une fois de plus sacrifier leur pays déjà meurtri par la guerre de 75 à cause du problème palestiniens. Les réfugiers palestiniens au Liban n’ont et n’auront jamais comme destin de demeurer ad vitam eternam au Liban. Les citoyens libanais eux n’abandonneront pas leur droit à un Liban libre de toute présence armée étrangère et interne et à disposer d’un pays souverain.

(photo des archives de l’UNRWA d’une famille palestinienne déplacée par la guerre au Liban dans les années 50)

calme

Nov 27, 2006 in Uncategorized

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Journée plutôt calme aujourd’hui, comme d’ailleurs me
faisait remarquer lundi dernier une amie, alors que s’annonçait la tempête
politique de mardi qui a emporté Pierre Gemayel.

Serions-nous dans l’œil du cyclone, le pire étant encore non
pas derrière nous mais devant nous?

Après ce calme, toujours la tempête se fait encore plus rude,
alors que s’annoncent les manifestations et les contre-manifestations aux
manifestations, les luttes quasi-religieuses alors qu’on ne veut accepter d’effectivement
nous avons un problème, avec en toile de fond, les discours à caractères sectaires voir claniques, échos de
périodes grégaires et passées qui semblent malheureusement resurgir pour nous
plonger dans un nouvel âge ancien pour ne pas dire une période d’obscurité. 

Tout ce que j’ai écris ici, ne veut rien dire cependant, je
ne l’appui pas avec des faits, mais avec des sentiments éprouvés par le passé de la guerre fraticide que ce pays a déjà connu, je m’attends
non plus au meilleur mais au pire pour me contenter du peu de bonheur si les
choses tournent bien.

En espérant que cette période de calme tendue, calme relatif,
puisse dégénérer, contrairement à l’habitude dans ce pays, en calme pour la paix… 

ah oui c’est vrai, je habite au Liban, où les hommes
politiques ne peuvent que verser non pas de l’huile mais du napalm et finissent
par bruler non pas leur maison mais tout le pays. Nos abadayes préparent la
nuit de leur long couteaux en prévision des évènements à venir, certains ayant
déjà leur armes sur place, d’autres se préparant au combat sans les armes … pour le
moment mais n’hésitant pas déjà à se dire prêt aux sacrifices, et malheureusement, il s’agit
toujours des autres à sacrifier, jamais soit même, et ainsi ils pourront venir nous tourmenter une nouvelle fois.

Je me demande parfois si tous ce qui se passe actuellement n’est
un jeu de dupe, nos seigneurs veulent redevenir saigneurs-bouchers, ils veulent
la guerre mais n’osent la déclarer entre eux, ils ne veulent la paix et
contribuent à rendre le chemin de croix vers cette paix encore plus dure.

Oh on a déjà notre fou illuminé de dieu, qui se prend pour
le Nostradamus des temps modernes, prédisant par ci, par là qu’on aura des
assassinats, quel scoop! Tant que lui même n’est pas victime alors qu’il était
bien le bourreau, il semble vouloir redevenir saigneur de guerre, lui qui se dit prêt aux sacrifices… tant qu’il s’agisse des sacrifices des autres!

On a notre fou de dieu, brandissant la bannière du sacrifice
à la nation, pensant être le grand victorieux à la Pyrrhus!

On a notre fou de la montagne, sentant le vent changer dans
telle ou telle direction, se déplaçant toujours en diagonale selon la direction
du vent tel une girouette, indiquant la direction du vent fort et changeant de
point de vue du jour au lendemain.

Et des fous dans ce jeu d’échec, on en a des quantités, mais
nul de têtes couronnées à sauver, on est déjà échec et mat. Quant à la reine,
ou plutôt la princesse, tout le monde l’a déjà violé comme le dit si bien cette
expression "aux frais de la princesse" pour désigner l’état libanais.

Les joueurs eux, ils se trouvent à Damas, à Téhéran, à
Washington, à Riad et sont tous prêt à sacrifier les pions que nous sommes, nous
le peuple pour gagner cette partie d’échecs contre leur adversaires.

Et l’échec dans tout cela, c’est l’idée même qu’un pays comme le Liban puisse exister.

Condoléances

Nov 25, 2006 in Down

Hier après-midi, on s’est rendu en délégations familiales
aux condoléances de la famille Gemayel pour leur transmettre toute notre
sympathie vis-à-vis de cet événement tragique qu’est la perte de leur enfants,
père, frère, cousin, neveu.

Tout d’abord dans la queue, beaucoup d’inconnus et personnes
plus ou moins connues venues également rassemblées pour exprimer leur
compassion à la famille du défunt, défunt dont le sacrifice rappelle le
sacrifice d’autres membres du clan Gemayel, Maya, Béchir, Amine Assouad, et de leur compagnons
qu’il ne faut quand même pas oubliés, ceux de la première heure, de l’époque héroïque
avant que la machine des tourments de la guerre ne s’emballe et n’emporte le
Liban durant les 15 ans de guerre civile.

De même, j’espère avec force et conviction que les libanais
et les libanaises auront appris de leur passé qu’il faut éviter à tout prix ces
tourments pour construire non pas des Liban pour chacun mais un Liban pour
tous.

A l’intérieur, successivement reçu l’accolade de certains,
mon père étant d’une certaine manière proche de cette famille meurtrie,
présentant nos condoléance de manière plus solennelle à d’autre comme aux fils
de Bachir, à Samy, et au président Amine Gemayel, réconfortant au passage une
mère qui a perdu son fils et qui s’effondre en pleurs, présentant notre soutien
à la recherche de la vérité à cette famille au destin tragique, à Claude et
Fouad, à sœur Arzé qui malgré le malheur est toujours souriante, pensant que
quoi qu’il arrive, cela est la volonté du seigneur, nous raccompagnant au seuil
de la demeure familiale, rencontrant Nicole en pleur et réconfortée par ses
amies dans le salon du bas.

Hier, après-midi, le temps s’était comme arrêté sur le
partage du malheur d’une famille-martyr du Liban, hier nul mot ne pourrait exprimer
réellement le poids des sentiments éprouvés face à malheur si ce n’est,
espérons que cet assassinat soit le dernier.