Journée plutôt calme aujourd’hui, comme d’ailleurs me
faisait remarquer lundi dernier une amie, alors que s’annonçait la tempête
politique de mardi qui a emporté Pierre Gemayel.
Serions-nous dans l’œil du cyclone, le pire étant encore non
pas derrière nous mais devant nous?
Après ce calme, toujours la tempête se fait encore plus rude,
alors que s’annoncent les manifestations et les contre-manifestations aux
manifestations, les luttes quasi-religieuses alors qu’on ne veut accepter d’effectivement
nous avons un problème, avec en toile de fond, les discours à caractères sectaires voir claniques, échos de
périodes grégaires et passées qui semblent malheureusement resurgir pour nous
plonger dans un nouvel âge ancien pour ne pas dire une période d’obscurité.
Tout ce que j’ai écris ici, ne veut rien dire cependant, je
ne l’appui pas avec des faits, mais avec des sentiments éprouvés par le passé de la guerre fraticide que ce pays a déjà connu, je m’attends
non plus au meilleur mais au pire pour me contenter du peu de bonheur si les
choses tournent bien.
En espérant que cette période de calme tendue, calme relatif,
puisse dégénérer, contrairement à l’habitude dans ce pays, en calme pour la paix…
ah oui c’est vrai, je habite au Liban, où les hommes
politiques ne peuvent que verser non pas de l’huile mais du napalm et finissent
par bruler non pas leur maison mais tout le pays. Nos abadayes préparent la
nuit de leur long couteaux en prévision des évènements à venir, certains ayant
déjà leur armes sur place, d’autres se préparant au combat sans les armes … pour le
moment mais n’hésitant pas déjà à se dire prêt aux sacrifices, et malheureusement, il s’agit
toujours des autres à sacrifier, jamais soit même, et ainsi ils pourront venir nous tourmenter une nouvelle fois.
Je me demande parfois si tous ce qui se passe actuellement n’est
un jeu de dupe, nos seigneurs veulent redevenir saigneurs-bouchers, ils veulent
la guerre mais n’osent la déclarer entre eux, ils ne veulent la paix et
contribuent à rendre le chemin de croix vers cette paix encore plus dure.
Oh on a déjà notre fou illuminé de dieu, qui se prend pour
le Nostradamus des temps modernes, prédisant par ci, par là qu’on aura des
assassinats, quel scoop! Tant que lui même n’est pas victime alors qu’il était
bien le bourreau, il semble vouloir redevenir saigneur de guerre, lui qui se dit prêt aux sacrifices… tant qu’il s’agisse des sacrifices des autres!
On a notre fou de dieu, brandissant la bannière du sacrifice
à la nation, pensant être le grand victorieux à la Pyrrhus!
On a notre fou de la montagne, sentant le vent changer dans
telle ou telle direction, se déplaçant toujours en diagonale selon la direction
du vent tel une girouette, indiquant la direction du vent fort et changeant de
point de vue du jour au lendemain.
Et des fous dans ce jeu d’échec, on en a des quantités, mais
nul de têtes couronnées à sauver, on est déjà échec et mat. Quant à la reine,
ou plutôt la princesse, tout le monde l’a déjà violé comme le dit si bien cette
expression "aux frais de la princesse" pour désigner l’état libanais.
Les joueurs eux, ils se trouvent à Damas, à Téhéran, à
Washington, à Riad et sont tous prêt à sacrifier les pions que nous sommes, nous
le peuple pour gagner cette partie d’échecs contre leur adversaires.
Et l’échec dans tout cela, c’est l’idée même qu’un pays comme le Liban puisse exister.