3 milliards mais quoi?

Publié le 30 déc 2013 — par frenchy
Catégorie(s) Arabie Saoudite, Armée, France, Liban
La France est déjà présente au Liban, notamment par son contingent déployé au sein de la FINUL au Sud Liban La France est déjà présente au Liban, notamment par son contingent déployé au sein de la FINUL au Sud Liban

Le président de la république libanaise Michel Sleiman a annoncé hier soir, à l’issue des cérémonies de funérailles des victimes de l’attentat qui a endeuillé le Liban la semaine dernière, le don de 3 milliards de dollars de l’Arabie Saoudite pour équiper l’armée libanaise. La France met fort de mettre en avant sa coopération historique avec le Pays des Cèdres. Selon le contrat ainsi négocié et cela pour peut-être éviter les traditionnels bakchichs aux politiciens libanais, l’Arabie Saoudite versa directement cette somme à la France qui livrera en retour le matériel commandé.

A cette somme, il est judicieux de rappeler que le gouvernement Mikati aujourd’hui démissionnaire avait fait part de son intention de commander pour 5 milliards de dollars d’équipements militaires au cours des prochaines années et qu’au début de l’année prochaine, une conférence internationale sera organisée pour décider également d’accorder une aide supplémentaire de 1,6 milliards de dollars à cette même institution militaire. Ces 2 derniers facteurs sont pour le moment théoriques alors que l’aide saoudienne serait concrète et quasi immédiate.

armee-8095 Hélicoptère d’attaque Gazelle de l’Armée Libanaise. Cet hélicoptère d’attaque est dépourvu des missiles antichars Hot. Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.

Ce nouveau développement était prévisible et explique notamment le nouvel alignement de l’institution présidentielle qui était notamment venue au secours du royaume saoudien alors que le mouvement chiite Hezbollah l’avait accusé d’être à l’origine des attentats qui ont visé la banlieue Sud de la capitale libanaise. La Présidence de la République avait alors dénoncé ces attaques verbales dans un communiqué de presse.

Ce don induit également de nombreuses interrogations quant au fond et à la forme qu’il prendra, les précédentes offres d’aides à l’institution militaire ont été ou vite oubliée comme les missiles antichars Hot devant équiper les Gazelles et jamais livrées ou encore les Mig 29 offerts par la Russie rapidement refusés sous la contrainte de l’état hébreu. Cette aide militaire russe s’était alors transformée en proposition d’équipement en hélicoptère d’attaque d’origines russe et finalement elle ne se sera également jamais concrétisée.

Une aide en raison de la lutte d’influence entre Iran et Arabie Saoudite?

Dans un contexte de lutte d’influence entre l’Arabie Saoudite et l’Iran et leurs proxys libanais respectifs, à savoir entre le Courant du Futur décrit désormais comme parti sunnite modéré et désormais également les différents groupes plus extrémistes qui agissent notamment dans le conflit syrien et le mouvement chiite Hezbollah également impliqué dans ce conflit, la présidence libanaise prend le risque de se voir accuser de parti pris. La concrétisation de cette aide semble donc être sujette à des difficultés internes, le calcul saoudien étant qu’un renforcement de l’armée libanaise pourrait faciliter un désarmement du Hezbollah et donc permettre au Royaume de regagner une certaine influence régionale. Cependant, c’est un pari risqué, qui ne peut se faire sans une première étape d’une offre de garantie sécuritaire de la part de l’état vis-à-vis des menaces actuelles et notamment les menaces israéliennes contre la population chiite du Sud Liban constituant le principal soutien du parti chiite. Et ce calcul ne manquera pas une nouvelle fois de faire l’objet d’un véto israélien comme nous le verrons.

Autre point concernant l’aide elle même et les difficultés à laquelle elle ne manquera pas de faire face, pourront-elles êtres surmontées alors que le mandant de la présidence s’achèvera en mai prochain? Rien n’est moins certain, d’autant plus que cette aide militaire ne pourrait pas être sans contrepartie d’ordre politique en faveur des alliés libanais de l’Arabie Saoudite et donc aggravant plus encore le conflit communautaire entre chiites soutenus par l’Iran et sunnites soutenus par le royaume Saoudien et donc réduisant l’impact d’une armée garante forte et équidistante vis à vis de tous à un rôle de partis pris.

La deuxième interrogation concerne le matériel militaire qui pourrait être offert et  les besoins de l’armée libanaise sont très diversifiés.

sans titre-01819 Verra-t-on le retour du Char Leclerc au Liban, la France ayant déjà fait part de vouloir vendre certains de ses exemplaires en occasion à la Colombie et au Qatar.
Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.

L’armée libanaise est techniquement faible comme le souligne bien la presse internationale aujourd’hui. Le rôle qui lui a été dévolu depuis la fin de la guerre civile s’apparente plus à celui d’une super police locale qu’à une force pouvant faire face aux menaces extérieures principalement incarnées par un contexte régional difficile, conflit israélo-palestinien ou conflit israélo-arabe avec la présence des fameux camps palestiniens qui échappent à la souveraineté de l’état libanais ou aujourd’hui désormais la guerre civile syrienne. Nahr Bared en 2007 et les derniers évènements à Tripoli encore une fois au Nord Liban ont démontré les grandes difficultés de l’armée libanaise à intervenir dans un environnement urbain dense. Des équipement de guerre urbaine sont donc d’abord nécessaire afin que l’institution militaire puisse poursuivre cette mission de sécurité locale

Le contrôle des frontières libanaises que cela soit avec la Syrie ou Israël induit également des besoins différents, l’armée de l’air est totalement dépourvue aujourd’hui de capacité  défensive,  l’espace aérien libanais étant sujet aux nombreuses violations israéliennes quasi quotidiennes.Le Liban, dans le domaine devrait donc aussi bien considérés les systèmes de défense au Sol, missiles anti-aériens en premier puis élargir ses demandes pour des avions de combats nécessaires pour reconquérir son espace aérien.

8593964625_a3d0fd1f9f_b Le BPC Dixmude à l’occasion de manoeuvres franco-libanaises au large des côtes de Jounieh. Crédit Photo: François el Bacha. Tous droits réservés.

Enfin l’exploitation à venir de ressources pétrolières et gazières dans l’espace économique maritime induit le développement d’une force maritime aujourd’hui quasi à l’état embryonnaire. Ce volet sera bien entendu sujet au véto israélien qui avait déjà effectué un forcing diplomatique envers Moscou lors de l’affaire des Mig 29. Tel Aviv estime en effet que tout armement moderne accordé au Liban pourrait tomber entre de mauvaises mains, agitant notamment assez souvent les menaces d’attaquer l’armée libanaise en cas de conflit en raison de ses liens avec le mouvement chiite et cela en dépit des inventaires pourtant bien tenus de l’armée libanaise.

L’offre d’aide à l’armée libanaise est peut-être salutaire sur la forme parce que le Liban n’a tout simplement pas les moyens financier de faire face aux différents défis qui s’annoncent à lui dans un environnement marqué par les différents conflits régionaux, conflit israélo-arabe avec la présence palestinienne jamais résolu depuis 1948, aujourd’hui conflit irano-saoudien qui est communautaire entre chiites et sunnites et qui s’est concrétisé en Syrie et qui risque de déborder au Liban, etc… mais sur le fond, cette aide pose problème à plusieurs titres. Encouragerait-elle une sédition supplémentaire au sein des différentes communautés? Fera-t-elle l’objet d’un véto sur un certain nombre d’équipements pourtant nécessaires de la part de la communauté internationale, et enfin quels seront les équipements disponibles à l’Armée Libanaise?

Mais toujours est-il qu’il faudra donc attendre à en connaître les dessous, tant politiques que militaires  pour savoir si réellement cette aide sera bénéficiaire ou pas au pays des cèdres.

Copyright François el Bacha. Tous droits réservés.


Interrogations légitimes

Publié le 27 déc 2013 — par frenchy
Catégorie(s) Non classé

12314_10150183604435705_807175704_12015367_3733016_nBeaucoup d’interrogations sur cet attentat qu’a connu le Liban aujourd’hui qui a vécu l’une des pages noires de son Histoire, ce n’est ni la première et malheureusement on peut craindre que cela ne sera pas la dernière. Une bombe de 30 kilogrammes a en effet explosée à Minet el Hosn, en pleine capitale du Liban, tuant 5 personnes selon le premier bilan officiel dont l’ancien ministre des finances Mohammed Chatah.

Certaines vérités sont aussi difficiles à entendre ou à constater. Ainsi, la première interrogation qui survient concerne le mode opératoire. On a pu entendre à la télévision libanaise que la voiture, de marque Nissan, était garée sur les lieux de l’attentat depuis 2 jours. De là découlent des questions légitimes.

Comment se fait-il qu’une voiture puisse rester garée 2 jours sans éveiller un quelconque soupçon des services de sécurités officiels et privés (puisqu’on est dans l’espace Solidere et à proximité quasi-immédiate de certains ministères basés au Starco dont celui de la réforme administrative) et qu’il s’agisse par conséquence d’une zone surveillée, sécurisée.
Le timing des 2 jours amène également à s’interroger sur la cible réelle visée, les auteurs de l’attentat ont-il réellement visé l’ancien ministre des Finances Mohammed Chatah ou s’agit-il d’une cible « opportuniste » et dans un tel cas, les auteurs devaient rester à proximité pour actionner la bombe à distance respectable. N’auraient-ils pas ainsi dû une nouvelle fois éveiller les soupçons des personnes en charge de la surveillance des lieux ou a-t-on une responsabilité involontaire voir volontaire de ces personnes en charge de la sécurité.  Mais encore s’il s’agit d’un attentat « opportuniste », quelle est la visée réelle de ce dernier?

Enfin, cet attentat n’entre pas dans le cadre de ceux qui ont été commis au Liban dernièrement, visant des zones civiles, visant à instaurer la terreur au sein de la population. Il s’agit d’un attentat qui a eu lieu dans une zone plutôt constituée de bureaux. Le motus operandi est plutôt à rapprocher des attentats qui ont visé d’autres personnalités politiques libanaises. Mais encore, cela indique que plusieurs équipes terroristes œuvrent au Liban.

Il est également judicieux d’éviter les accusations et les conclusions hâtives qui se font au détriment de la recherche de la vérité par la Justice. N’oublions pas que par exemple, les derniers attentats visant la banlieue Sud de Beyrouth et la représentation diplomatique iranienne ont été commis par des groupuscules sunnites radicaux liés à Al Qaida, alors que rapidement et les autorités sécuritaires et le Hezbollah lui même désignaient l’Etat Hébreu comme auteur de ces attentats. La Justice mérite mieux que d’être tournée en dérision et doit être capable de trouver par elle-même les coupables au lieu d’être téléguidée, manipulée pour des raisons politiques. Elle doit être sereine.

Ce qui est toutefois certain aujourd’hui est que l’attentat commis dans un espace aussi sécurisé, au sein même du centre-ville est un déni cinglant et sanglant des affirmations des différents responsables sécuritaires libanais qui affirmaient encore à la veille des fêtes qu’en dépit des mesures strictes mises en œuvre à cet occasion, le risque d’attentat n’était pas plus important que d’habitude. Il faut alors croire que comme d’habitude, les risques sont plus élevés qu’on nous le dit toujours de manière officielle. Il s’agit là d’une réelle faillite sécuritaire dont les responsables politiques, quelque soit le camps auxquels ils appartiennent devraient à juste titre être comptables devant l’entière population mais serait-ce-t-il un jour le cas?

Update: Des sources sécuritaires réfutent l’information concernant le fait que la voiture était présente sur les lieux depuis 2 jours, indiquant à la télévision Al Jadeed qu’une voiture de type Honda rouge a réservé l’emplacement de la bombe à 8h du matin avant d’être replacée par une Honda CVR qui contenait l’engin explosif


30 kilos et 21 grammes

Publié le 27 déc 2013 — par frenchy
Catégorie(s) Non classé
sans titre-8693 L’explosion de la bombe de 30 kilos ayant couté la vie de l’ancien ministre des finances du gouvernement Saad Hariri, Mohammed Chatah, visible depuis Jounieh à 40 kilomètres des lieux de l’attentat.

30 kilos, ce serait la charge d’explosifs estimés pour la bombe qui a explosé aujourd’hui au centre-ville de Beyrouth, faisant une quinzaine de morts dont l’ancien ministre des finances et proche de Saad Hariri et de Fouad Saniora, Mohammed Chatah.

Cette bombe, qui a explosée en plein coeur de la capitale, à Minet el Hosn, juste à coté du Starco, hébergeant des services publics critiques comme le ministère de la réforme administrative et donc pourtant zone supposée très surveillée, a fait plus de dégâts qu’il n’en parait. Cette zone hyper sécurisée représente le socle de l’Etat Libanais lui même, qui est désormais ébranlé au plus profond de lui, une faillite non  pas financière, on en est déjà loin mais une faillite sécuritaire désormais concrète après l’impuissance de l’État à contrôler les incidents du Nord Liban, à Tripoli, jusqu’à Arsal à l’Est ou jusqu’au Sud à Saida. L’Etat est devenue victime consentante d’un viol collectif perpétré par ceux qui refusent l’existence même d’un Liban.

Le Liban est en deuil, une nouvelle fois, emtourbillonné dans la démence de conflits qui ne le concernent pas, après les différents attentats qu’on a connu, à commencer par l’assassinat de l’ancien premier ministre Rafic Hariri qui a sonné, non pas seulement la fin de l’occupation syrienne du Liban mais également la boite à Pandore sécuritaire avec les derniers attentats du fait d’éléments extrémistes visant l’ambassade iranienne de Beyrouth.

L’Histoire est un éternel recommencement au Liban. En 1975, la guerre civile aurait commencée par l’assassinat du député Oussama Saad selon certains et non par l’autobus palestinien traversant la banlieue d’Ein Remmenah. De même l’attentat visant la représentation diplomatique iranienne, un double attentat du fait de militants islamistes sunnites, n’est pas sans rappeler celui ayant visé l’ambassade américaine de Beyrouth dans les années 80, attentat impliquant un noyau qui deviendrait plus tard le Hezbollah, chiite lui.

Aujourd’hui, l’histoire est un cycle, les victimes d’hier sont les bourreaux de demain, les bourreaux d’hier, les victimes de demain. Les Libanais n’ont jamais appris à sortir du cercle infernal qui a entaché de sang leur Histoire et à ce propos, les 30 kilogrammes d’explosifs ont suffit à faire perdre à chaque personne les 21 grammes, qui, dit-on, représentent du poids de l’âme.


Li Beirut

Publié le 21 déc 2013 — par frenchy
Catégorie(s) Art, Culture
block2b Crédit Photo: http://fairuzonline.com/

Une polémique est né dernièrement des déclarations du fils de Fairuz, célèbre chanteuse libanaise, dont les chansons ont traversé et ont fait pleurer de nombreuses personnes, on se souviendra notamment de celles – mélancoliques inspirées par les différents conflits que traverse le Moyen Orient, comme celles intitulées Jérusalem ou encore Li Beyrouth, nostalgique de la période précédant la guerre civile, dite âge d’or du Pays des Cèdres. Fairuz a toujours été une nationaliste arabe puis libanaise, sa prise de position – via les déclarations de son fils – ne fait que le rappeler d’une certaine manière.

Que Fairuz admire Nasrallah ou pas, puisqu’il s’agit des déclarations de son fils Ziad Rahbani, n’est pas la bonne question. Il faudrait rappeler à ce qui critiquent aujourd’hui Fairuz, que les plus grands ennemis ou les plus grands amis s’admirent toujours et se respectent ainsi.

La bipolarité de la classe politique libanaise et les insultes qui – souvent – ne volent pas très haut, démontrent en tout cas qu’elle manque justement de classe. Le fait de respecter, voir d’admirer quelqu’un, ne veut pas obligatoirement dire d’être totalement ou partiellement d’accord sur ses idées. Respecter une personne qu’on soit contre ou pour, signifier d’abord l’estimer et non décrédibiliser ses actes et amoindrir son importance, il s’agit d’une reconnaissance. Que serait- Alexandre le Grand, sans Darius III? Est ce qu’on se souviendrait aujourd’hui de Saladin le chevaleresque qui envoya des médecins soigner Richard Coeur de Lion?

Peut-être que la classe politique libanaise doit grandir un peu, quelque soit le désaccord, elle doit se respecter et peut-être à ce moment là, les tensions politiques, au lieu des pugilats habituels s’amoindriront au profit d’un dialogue sincère, ainsi Li Beyrouth pourra redevenir réalité et le Liban pourra enfin connaitre un nouvel âge d’or de prospérité, une fois le calme et la sécurité revenue.


La véritable victoire de Nelson Mandela

Publié le 07 déc 2013 — par frenchy
Catégorie(s) Non classé

Nelson-Mandela’s-Top-Five-Contributions-to-HumanityBeaucoup font de Nelson Mandela un saint de la lutte non violente. Il faut cependant rappeler qu’il était passé par la case lutte armée contre la minorité blanche en Afrique du Sud. Il a même dirigé la branche militaire de l’ANC, appelée Umkhonto we Sizwe, en 1961. Mais c’est une fois arrêté et emprisonné qu’il a choisi l’option pacifique, ne voyant pas de solution militaire ou armée au conflit en place mais aussi parce qu`à la violence, seule la violence avait écho. En faire directement un saint est une erreur mais en faire un Homme qui a pris le temps de la réflexion et qui a changé d’avis, qui a choisi la Paix à la place de la Guerre a fait de lui un grand Homme et espérons que beaucoup des faiseurs de guerre au Liban prendront exemple sur lui, deviendront non plus des seigneurs de la guerre mais des faiseurs de Paix, non plus des polémistes comme malheureusement beaucoup de nos hommes politiciens le sont avec des larmes de crocodiles, s’absoudrant de leur pêchés, simplement malhonnêtement mais choisiront réellement la voix du dialogue. Certains rejettent aujourd’hui ce dialogue offert par leurs adversaires, parce qu’il ne sert à rien, soit-disant. Ce n’est jamais l’option véritable des hommes de paix.


La France actuelle ou l’insagesse du plus vieux allié des USA

Publié le 31 août 2013 — par frenchy
Catégorie(s) Non classé

Après avoir décrié la France en 2003, voila que les américains louent « la sagesse de ses dirigeants » selon eux ou plutôt le contraire selon la majorité de l’opinion publique locale et internationale. De Gaulle doit bien se retourner dans sa tombe en constatant ce suivisme atlantiste.
Cependant la phrase de John Kerry, francophile connu au sein de l’actuelle administration américaine, décrivant la France comme étant la plus ancienne alliée des USA, chose vrai en soit, on ne peut le nier, n’est pas sans rappeler le discours tenu par l’ancien premier ministre français, Dominique de Villepin lors de la réunion du Conseil de Sécurité des Nations Unis, répondant aux accusations de lacheté d’alors des USA parce que la France refusait de s’engager en Irak, estimant à juste titre qu’il y avait absence de preuves d’existance des armes de destructions massives.

Dominique de Villepin avait alors accepté la notion de France, vielle nation, les USA ayant décrit les pays frileux au conflit de « vielles europes ». Mais il a poursuivi: « Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. »
On en est bien loin aujourd’hui face aux conséquences incalculables d’une internalisation supplémentaire du conflit syrien et des risques qu’elles représentent pour les autres pays de la région.

A lire:
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/08/30/la-france-nouvelle-plus-ancienne-alliee-des-etats-unis_3469218_3218.html
http://www.lefigaro.fr/international/2013/08/30/01003-20130830ARTFIG00542-syrie-hollande-seul-allie-europeen-d-obama.php


Opinion: De l’unilatéralité des actions américaines au Moyen Orient ou une leçon jamais apprise

Publié le 30 août 2013 — par frenchy
Catégorie(s) Non classé
President-Obama-in-the-White-HouseObama considère une possible action unilatérale contre la Syrie, Obama semble être sur les traces de Nixon puisqu’en août 1969, ce dernier a indiqué à Henry Kissinger avoir donné l’ordre de bombarder Damas suite au détournement d’un vol Los Angeles-Tel Aviv en transit à Rome et appartenant à la TWA 840 par le Front Populaire de Libération de la Palestine. Ce dernier avait été alors contraint à se poser dans la capitale syrienne.
Les USA nous ont habitué à une unilatéralité depuis fort longtemps, notamment en Irak en 2003 ou une guerre a été engagée sans mandat international, avec une coalition internationale. On en connait aujourd’hui le prix payé, notamment avec une région moyen-orientale plus instable que jamais, en proie aux actions d’islamistes qui ne cherchent qu’à instaurer le chaos.
Aujourd’hui, les USA envisagent donc d’intervenir même sans la constitution d’une coalition internationale, grossière erreur mais on ne peut que douter qu’ils aient appris des erreurs passées et cela constitue une nouvelle déception par rapport à l’administration Obama qui prétendait en avoir fini avec la politique moyen-orientale qui prévalait avec celle de Georges Bush. Mais comme d’habitude, ils resteront irresponsables, partant une fois l’acte irréparable commis, la queue entre les jambes, comme en Irak, comme en Afghanistan…

Il faut sauver l’Armée Libanaise et le Liban

Publié le 02 fév 2013 — par frenchy
Catégorie(s) Non classé

539167_10200463986072978_1131483067_nQuelques observations par rapport au massacre de soldats de l’Armée Libanaise à Arsal au Nord Est du Liban.
Tout d’abord, il s’agit du douche froide faite dans une localité sunnite – il faut tout de même le préciser pour la suite – dans un contexte d’ouverture de l’ancien premier ministre sunnite, lui également, Saad Hariri, au mariage civil – alors que le Mufti de la République, sunnite lui aussi, avait signé une fatwa estimant hérétique et apostat tout sunnite en faveur de cette institutionnalisation du mariage – et à la constitution de petites circonscriptions. Qu’on soit pour ou contre aujourd’hui ce changement majeur d’une personnalité sunnite, il faut tout de même souligner qu’il y a là un changement d’attitude par rapport à son père Rafic Hariri qui lui refusait et était à l’origine de l’échec de la tentative d’instaurer un mariage civil à la fin du mandat présidentiel d’Elias Hraoui.

Pour revenir à l’affaire d’Arsal, il s’agit d’une localité pivot dans le soutien sunnite libanais à la rébellion syrienne. Que l’unité de l’Armée Libanaise ait été attaquée et que ses soldats – le dernier bilan fait état de 5 morts dans les rangs de l’armée – aient été égorgés est une importation flagrante de la barbarie de la situation syrienne actuelle au Pays des Cèdres.
Paradoxalement, le fait que les muezzins des Mosquées d’Arsal aient appelé à la confrontation avec l’Armée Libanaise est chose grave et cela confirme malheureusement ce que prétend le régime syrien dès l’origine des troubles en Syrie, il s’agit en effet d’une bande de hors la loi. En effet, l’unité de l’Armée Libanaise s’était déployée sur place pour arrêter le responsable de la prise en otage des 7 estoniens qui se trouvaient au Liban. Les différentes sources d’information font état aujourd’hui de l’appartenance de ce même homme, ou à l’armée syrienne libre ou aux Al Qaidistes d’Al Nosra. Dans les 2 cas, la situation est grave.

En effet, il s’agit des mêmes personnes qui auraient été impliqués dans les évènements de Denniyeh en décembre 2000 quant des soldats en permission avaient été égorgés devant leurs familles. Il s’agit des mêmes personnes qui hier se battaient contre l’Armée Libanaise à Nahr Bared et qui ont égorgé, faut-il encore le rappeler 14 soldats stationnés autour de ce camps palestinien. Les méthodes restent les mêmes, ils égorgent des êtres humains dont la mission est sauvegarder notre nation comme des bêtes.

Notre mémoire est courte. Les islamistes de Denniyeh, voyons, amnistiés en 2005 pour un dirigeant chrétien. On en regrette aujourd’hui le prix. Les islamistes de Nahr Bared? Leurs dirigeants disparus, les militants, eux, font la loi jusqu’à Roumieh ou ils sont détenus. Pire, il est également question de les amnistier eux aussi à l’occasion des prochaines élections législatives qui s’annoncent. Un prix élevé de l’incompétence de nos hommes politiques et de nos dirigeants qui l’acceptent sans broncher. Une caution peu élevée du coté des terroristes, qui eux, sont libres ensuite de perpétrer de nouveaux crimes.

Que faire alors?

Avant même que la problématique fondamentaliste n’intervienne depuis les 20 dernières années, Arsal était un paradis pour les contrebandiers entre Liban et Syrie. Des incidents avaient eu lieu dans cette même région à quelques localités prêts en 1949 et 1955. Suite au massacre de gendarmes, le commandement militaire a décidé de l’envoi des troupes, appuyées par des bombardements aériens. Cela a calmé la situation jusqu’au début de la guerre civile. Il faut rétablir aujourd’hui, la dissuasion de l’Armée Libanaise par tous les moyens disponibles. Il faut arrêter le cycle infernal de la violence, il faut arrêter d’amnistier les coupables. Si cela continue ainsi, il faudra prendre les décisions courageuses qui s’imposent, c’est à dire l’élimination physique de ces groupuscules terroristes, faute d’avoir des structures pour les retirer définitivement de la société qui court au danger.

Non seulement aujourd’hui des vies sont en danger, mais également le pays en entier. Les militants face à l’Armée Libanaise ne sont en aucune manière des violeurs ou des criminels qui agissent individuellement. Il s’agit avant tout de combattants aguerries qui ont souvent combattus les forces américaines Irak, qui combattent aujourd’hui le régime syrien – tout aussi détestable qu’il soit – de Bachar el Assad et contrairement aux évènements de Denniyeh en 2000 et contrairement encore une fois aux évènements de 2007 à Nahr Bared, la situation géopolitique régionale est fortement instable avec – outre la situation en Syrie -, de graves troubles en Égypte ou encore des menaces de troubles en Jordanie. Tout l’équilibre régional actuel est menacé. Le moindre incident donc au Liban pourrait alors avoir des conséquences graves et aucun pays ne pourra le secourir. Il faut donc mettre de coté et sacrifier notre humanité, pour sauver une nation. L’élimination physique est alors la seule solution, comme des cellules cancéreuses qu’il faille traiter pour sauver une vie. Ici un pays. Le bien de la Nation aujourd’hui est à ce prix, afin d’éviter que la guerre civile ne ravage à nouveau le Liban.


Liban: la confidentialité en Danger

Publié le 03 déc 2012 — par frenchy
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Le système judiciaire connait assez souvent des abus mais au Liban, on ne fait pas la dentelle. Après les données de tous les étudiants libanais de 2000 à 2005 transmis on ne sait ou dans le monde, un nouvel épisode – bras de fer – apparait ce soir, le viol de la confidentialité de 4 millions de Libanais une nouvelle fois.

Dans un communiqué publié par le ministre des télécoms actuel, Nicolas Sehnaoui, on apprend que les FSI ont demandé à que leur soit communiqué les bases de données, noms d’utilisateurs et mots de passe des libanais utilisant, non seulement les réseaux de télécoms mais également les réseaux sociaux. Big Brother en gros.

Vous pouvez lire ici la traduction en français:

Ce soir, pour le bien de notre vie privée, j’appelle à votre soutien.

Un appel à tous les blogueurs, e-journalistes, Tweeters et les utilisateurs de Facebook et tous les membres de notre communauté de médias sociaux.

Notre confidentialité sur Internet tout comme le peuple libanais est en jeu.

Aujourd’hui, j’ai pris une décision et j’ai refusé une demande de « Fer3 Ma3loumet » exigeant le contenu de tous les SMS, des noms d’utilisateur et mot de passe de toutes les sessions de données, BBM,  Webmail de 4 Million de libanais.

Cette demande est inacceptable, illogique et ne saurait être justifiée. Nous ne pouvons pas résoudre un crime en commettre un autre crime.

La décision est désormais entre les mains du Conseil des ministres, et j’ai besoin de votre soutien.

J’ai besoin de vous faire part pour sensibiliser la population et faire pression sur tous les membres du Conseil afin arrêter cette invasion de notre vie privée.

Retweetez, partagez, émailez et bloggez, utilisez tous les moyens que vous trouverez pour dire « Comme un citoyen libanais je refuse de renoncer à ma vie privée sur Internet »

Traduction du communiqué fourni par Bing - la flemme de traduire ce soir

Israël/Gaza: de la mauvaise utilisation des réseaux sociaux.

Publié le 16 nov 2012 — par frenchy
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« Publicité » publiée par le responsable comm de l’armée israélienne sur Twitter

Comme on a pu le constater dans de nombreux articles de presse, l’utilisation des réseaux sociaux devient un outil de propagande mature dans un cas de conflit, et le dernier conflit en date entre Israël et le Hamas présent à Gaza n’y échappe pas. Ainsi, l’état major israélienne s’est contenté d’annoncer les opérations militaires à venir, non pas dans une conférence de presse en bonne et dû forme mais par une simple phrase lancée par @IDFSpokerperson sur Twitter. C’est ainsi que l’Histoire retiendra comment ce réseau pourtant limité à 140 lettres par message a annoncé la mort et la violence dans une terre déjà tellement ravagée.

Les affiches publiées par le même compte Twitter du Porte-parole de l’Armée Israélienne peuvent étrangement penser aux pseudo-publicités qu’on peut voir dans certains films notamment StarShip Trooper ou encore les publicités présentes dans la Série Robocop.

La stratégie Comm de l’Armée Israélienne revient donc à présenter une image un peu idyllique, voir enfantine, sous le concept, « on est les gentils et eux les méchants », presque Hollywoodien comme scénario…

Cependant, cette stratégie est mise à mal par la publication de conscrits au front. A force de vouloir une communication enfantine, avec les nouvelles technologies, les stratèges de la communication mis en place plus rapidement que précédemment (déjà en 2006, une équipe avait été mis en place au sein du ministère de la défense israélienne pour défendre médiatiquement l’état hébreu face au Hezbollah Libanais dans les différents sites d’informations, forums et voir même blogs personnels) n’ont pas pensé que l’échec serait avant tout dû à ses propres troupes.

Images publiées sur Instagram

La mise en place d’un départ « la fleur au fusil » des jeunes conscrit(e)s contraste avec l’utilisation officielle des réseaux sociaux comme outil de dramatisation fait par Tsahal et donc induit une rupture stratégique à même de changer la nature de l’opinion publique dans les pays pivots, à savoir l’Europe et les USA. Des soldats et des soldates envoyés au front sourient, dédramatisent la situation, on est loin des morts alors qu’en face, des images de presse professionnelles démontrent la mort de femmes et d’enfants comme le garçonnet à peine âgé de 11 ans, fils d’un correspondant de la BBC.

Ce contraste induit une Bérézina médiatique dès le début du conflit pour l’état hébreu et il sera assez dur pour ce dernier de s’en remettre:

Trop de communication sur un plan incontrôlé abouti à un échec de la communication. Et même l’Armée Israélienne, en dépit des mesures strictes interdisant le recours aux réseaux sociaux au niveau des bidasses, ne peut réellement contrôler cette communication « sauvage ».

Cela amène à la notion dans laquelle, une troisième colonne existe réellement au sein des conflits actuels, une troisième colonne invisible certes mais également inconsciente des dégâts et de la problématique qu’elle impose au sein de son propre camp. C’est ainsi que l’état hébreu perdra une nouvelle fois et cela face à l’opinion publique internationale la nouvelle Guerre de Gaza.