Jour 6 – 6 Janvier 2010

Le meilleur moment pour écrire est le matin quand rien ne vient encore troubler les mots, la nuit quand tout est feutré et calme et ralenti, la journée quand on a besoin de se reposer. Ecrire … le temps ne compte pas.

Ecrire … ne se programme pas. Ni le temps, ni l’espace, ni l’ambiance ne comptent. On n’écrit pas que lorsqu’on a besoin de se reposer. Ecrire ne remue-t-il pas souvent en soi une foule de sentiments qui ne se reposent aucunement ? On n’écrit pas quand rien ne vient encore troubler les mots. Les mots, ne faut-il pas qu’ils soient agacés, agités, aguichés, allumés, attisés, avivés pour qu’ils remontent en surface ? On couche sur du papier les mots et les idées qu’on accouche. La naissance, ne se réalise-t-elle pas que suite à une douleur, un trouble ?

Quand tout est feutré, calme et ralenti, il est bon d’écrire. Mais écrirait-on aussi bien que lorsque notre âme, cœur ou esprit sont électrisés, emballés, embrasés, émoustillés, enfiévrés, enflammés, enivrés, entrainés, éveillés, exaltés ? Et dans tous ces états, tout est agité, en mouvement. On peut écrire n’importe où, n’importe quand, n’importe comment, l’essentiel, c’est d’écrire. Ecrire, c’est en fin de compte, prouver qu’on existe dans l’espace et le temps, à travers une activité qui ne peut se limiter ni à l’espace, ni au temps.

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