Cela fait depuis plus de deux mois que j’ai arrêté de publier des billets sur ce blog. Bien que le temps me fît souvent défaut, je l’ai aussi fait exprès. Du 13 au 25 mars, j’ai continué à écrire. Et je vais continuer. Je n’ai pas arrêté et je n’arrêterai pas. Il se fait juste que je n’avais pas le temps de poster, et je ne voulais pas poster en fin de compte. Je vais très bientôt revenir et publier de nouveau, jour après jour, des billets à partir d’une citation ou d’un exercice de style.
Jour 11 – 11 Janvier 2010
Il faut écrire pour soi. C’est ainsi que l’on peut arriver aux autres. Eugène Ionesco.
Un des multiples synonymes au vocable écrire, c’est « Thérapie ». L’écriture est un remède au spleen, au stress et à tous ces phénomènes pathologiques du XXIème qui commencent par la triste lettre S.
Ecrire pour soi. Si ce n’est pas pour soi que l’on écrit, je me demande bien pour qui le fait-on. Ecrire, on le fait pour soi-même. Au commencement, était l’Ecrivain. Vient ensuite le Lecteur. L’écrivain se sent déjà seul en écrivant. Il peut se sentir seul au monde, inutile, tout comme il peut se prendre pour un être indispensable qui fait la pluie et le beau temps. Un peu comme l’allumeur de réverbère qui pense faire le jour et la nuit.
Grâce à lui, le temps passe, et les gens sont éclairés, ou pas. L’essentiel c’est de se sentir comme cet allumeur de réverbère, indispensable, convaincu par cette lumière qu’il allume et éteint, pour ainsi, arriver aux autres.
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Jour 12 – 12 Janvier 2010
Pendant l’écriture, ne perdez pas de temps à vérifier l’orthographe. Vous y reviendrez lors de la relecture. Laissez votre inspiration se lancer et vos mots courir.
Paon-Dent Lait-Cri-Ture, Nœud Paire-Dé Pas Deux Tant Ave-Riz-Fiez l’Or-taux-graphe. Jeux Nœud Père Pas Montant Accord-Ris-Geai Mai Maux. Jais-Cris Comme Jeux Part-Le. Haie-Cent-Ciel-Ment I-Ni-Sied Ah Haie-Cri-Ree An Franc-Sait Deux-Puits Mais Plu Je-Ne Z-Ah-Nez, Jeux Nœud Paon-Ceux Pâques-An Jais-Cris. Sa Vie-Un Natte-Turent-Elle-Ment.
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Jour 7 – 7 Janvier 2010
J’ai besoin que la vie s’estompe pour pouvoir l’imaginer à nouveau. J-M.G. Le Clézio.
Lorsque les derniers fils d’espoir se rompent
Quand le mal égare et la mort détrompe
Lorsque les liens se brisent, se corrompent
Quand tout déçoit, tout déchire et tout trompe
J’ai alors besoin que la vie s’estompe
Pour pouvoir l’imaginer à nouveau
Peuplée de fées, de princes, de chevaux
Près d’un château fort aux temps médiévaux
Quand les fleurs percent au renouveau
Une vie parfaite à tous les niveaux
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Jour 8 – 8 Janvier 2010
Ça a débuté comme ça. Moi j’avais jamais rien dit. Rien.
Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline.
Alors j’ai commencé à parler, de tout et de rien.
Et ça s’est terminé comme ça. Avec autant de mal que de bien.
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Jour 9 – 9 Janvier 2010
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? …
Harmonies poétiques et religieuses, Alphonse de Lamartine.
Il est des objets qui ont des âmes et qui occupent des places privilégiées dans nos cœurs, parce qu’ils évoquent des moments d’émotion intense de notre vie, nous rappelant des êtres chers, une expérience vécue, quelque chose d’indicible. Nous y tenons comme s’ils étaient des pièces de musées inestimables, évalués à des millions, voire des milliards de pièces d’or.
En ce qui me concerne, ces vers me trottent souvent dans la tête et à chaque fois que je suis chez Issam, à Beyrouth, rue Mar Elias, dans un petit magasin désigné par Fabrizzio.
Un endroit en marge du temps et de l’espace, un grenier à trésors, une caverne d’Ali baba, un eldorado à tous les amoureux des beaux objets antiques ou ethniques qui chacun à son tour, narre une histoire fabuleuse.
Des bagues ethniques, des colliers dignes des princesses des milles et une nuits, des bibelots enveloppées d’une poussière d’étoiles, le tout baignant dans une odeur envoutante de musc et d’ambre, dansant sur les airs de la guitare magique du maître des lieux. Ici, tout a une histoire. Chaque objet est doté d’une éloquence extravagante, habité par l’âme de celle ou de celui qui l’a façonné, qui l’a porté, ou qui l’a ressuscité. Chaque objet, nous appelle, nous interpelle, lourd de sens, chargé de sentiments, empreint de magie. On finit vraiment par se demander en fin de compte si les objets peuvent vraiment être qualifiés d’inanimés, parce qu’ils ne peuvent être plus enflammés, vivants, et enflammés que la tribu chez Fabrizzio.
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9 janvier 2010
Ecrire,
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Espoir,
Imagination,
Janvier,
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Objet,
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Vie |
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Le meilleur moment pour écrire est le matin quand rien ne vient encore troubler les mots, la nuit quand tout est feutré et calme et ralenti, la journée quand on a besoin de se reposer. Ecrire … le temps ne compte pas.
Ecrire … ne se programme pas. Ni le temps, ni l’espace, ni l’ambiance ne comptent. On n’écrit pas que lorsqu’on a besoin de se reposer. Ecrire ne remue-t-il pas souvent en soi une foule de sentiments qui ne se reposent aucunement ? On n’écrit pas quand rien ne vient encore troubler les mots. Les mots, ne faut-il pas qu’ils soient agacés, agités, aguichés, allumés, attisés, avivés pour qu’ils remontent en surface ? On couche sur du papier les mots et les idées qu’on accouche. La naissance, ne se réalise-t-elle pas que suite à une douleur, un trouble ?
Quand tout est feutré, calme et ralenti, il est bon d’écrire. Mais écrirait-on aussi bien que lorsque notre âme, cœur ou esprit sont électrisés, emballés, embrasés, émoustillés, enfiévrés, enflammés, enivrés, entrainés, éveillés, exaltés ? Et dans tous ces états, tout est agité, en mouvement. On peut écrire n’importe où, n’importe quand, n’importe comment, l’essentiel, c’est d’écrire. Ecrire, c’est en fin de compte, prouver qu’on existe dans l’espace et le temps, à travers une activité qui ne peut se limiter ni à l’espace, ni au temps.
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6 janvier 2010
Ecrire,
Envie,
Janvier,
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Exciter,
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Pensées,
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Pour s’exercer … Envie d’écrire. Pourquoi ? Et depuis quand ? Pour dire quoi ? Et à qui ? Petites réponses à ces grandes questions sur papier libre ou sur cette page blanche.
Envie d’écrire.
Non, besoin d’écrire. Aimer écrire.
Pourquoi ?
Pourquoi écrire ? Sans raison. Si on écrit pour un but précis, c’est qu’on n’écrit pas. C’est comme aimer. Aime-t-on réellement s’il y a une raison d’aimer ? On aime tout simplement, sans fioritures.
Depuis quand ?
Depuis quand ? On entre dans le monde des mots comme on entre en amour. Par hasard, par surprise. Et la notion du temps, des dates, des heures, n’existe plus.
Pour dire quoi ?
Tout. Mais surtout, pour dire qu’on aime. Et pour ceci, ne faudrait-il pas tout l’encre du monde, pour bien le dire, pour bien l’écrire ?
A qui ?
A toute personne assoiffée de lecture, qui a envie de se désaltérer avec l’encre des mots.
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5 janvier 2010
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Ecrire fut une véritable expérience, inoubliable …Cela m’a permis de m’exprimer, de m’ouvrir aux autres, et surtout de me découvrir … Bachir Bejjani
Ecrire. Est-ce qu’on décide un jour d’écrire ou n’est-ce pas plutôt une longue et très belle maladie que l’on porte en soi, sans jamais parvenir à en guérir tout à fait. N’est-ce pas un septième sens qui anime le cœur, les pensées, les yeux et la main, qui décide de libérer tous les mots, les idées, les images qui cognent, bougent bouillonnent en soi. Ecrire, n’est-ce pas tout simplement une façon d’être, de respirer, de prouver qu’on est là ? J’écris donc j’existe.
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Sur cette feuille blanche, sur un cahier libre ou sur un clavier, écrivez vos vœux, vos souhaits, vos envies, vos rêves et vos désirs, tout ce que vous attendez de cette nouvelle année.
Mes vœux, envies, souhaits, rêves et désirs, ne changent pas avec le temps qui passe. Reste à savoir si le temps passe vraiment, ou si c’est nous qui passons. Nouvelle année dites-vous ? J’ai toujours vécu en marge de l’espace et du temps, pour programmer mes envies, souhaits, rêves, vœux et désirs, et les formuler à l’occasion d’une date bien précise. Mes vœux ? Mes envies ? Mes souhaits ? Mes rêves ? Mes désirs ? Une kyrielle de vocables pour désigner mes aspirations, et ce que mon cœur et mon âme espèrent, recherchent, ambitionnent. Ils ne changeront pas, resteront toujours les mêmes, jusqu’à ce que, un par un, je les verrai se concrétiser. Quand ? Pour parler en termes de temps, peut-être cette année, l’année prochaine, ou bien, dans une prochaine vie.
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En ce début d’année, une habitude à prendre, noter ici ou ailleurs tout ce qui passe par la tête, d’un mot à une phrase, d’une chanson à une envie, d’un rêve à un message. Le faire tous les jours. Un petit mot à la fois, un petit moment à soi.
Un petit mot à la fois,
Un petit moment à soi
D’un seul mot à une phrase
D’une rose dans un vase
D’un poème aimable en prose
Racontant cent mille choses
D’une chanson à un vers
D’un refrain à un simple air
D’une envie à un désir
D’un caprice à un plaisir
D’une vision à un rêve
D’un conflit à une trêve
D’une ligne à une page
D’une lettre à un message
Noter des propos sérieux
Un contenu mystérieux
Des écrits doux ou ardents
Des écrits aigus, mordants
Des écrits plaisants, agréables,
Complaisants, soyeux, affables
Trois cent soixante-cinq jours
De discours, de calembours
Des écrits utiles ou vains
Pour devenir écrivain
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« Au commencement, il n’y avait rien. » La métaphysique des tubes Amélie Nothomb
Au commencement, il n’y avait rien. Ce rien suprême, absurde et virtuel, qui n’a ni début ni fin puisqu’il n’existe pas.
Au commencement il n’y avait rien. Alors quelqu’un a décidé de remplir. Et ainsi l’univers prit forme.
Au commencement il n’y avait rien. Non. Rien de rien. Mais un stylo en main, et les mots furent, un par un.
Au commencement il n’y avait rien. Après fut l’envie d’écrire, puis l’encre coula, tel un ruisseau serpentant à travers prairies et bois, dont le bruit de l’eau raconte milles et unes histoires que seuls les arbres et les fleurs champêtres sont capables d’ouïr.
Au commencement il n’y avait rien. Alors me voilà arrivée où j’en suis, en train de remplir ces patries de 28×27 cm, ne sachant où cela peut-il mener. Mais ce qui est certain, c’est qu’il n’y a plus rien, rien de rien, et qu’il y aura du mal et du bien, tel cet éternel refrain.
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