Le Liban de 2008 n’est pas le Liban de 1958
Basta en 1958
…et Basta en 2008
La tâche du nouveau chef de l’état Michel Sleimane sera plus ardue que celle de Fouad Chéhab après les événements de 1958. En 1958, le pays était divisé en deux, comme aujourd’hui, mais l’armée était de loin la force la plus puissante sur le terrain. Les miliciens de l’époque était armés de vieilles carabines, et de quelques mitraillettes, et un seul bazooka était suffisant pour contrôler le quartier rebelle de Basta. Les éléments armés de 1958 avaient obéït aux ordres de leurs parrains, Saeb Salam, Rachid Karamé, Kamal Joumblat et Sabri Hamadé, de ranger les armes une fois qu’un accord sur l’élection du général Chéhab avait été conclu.
De nos jours, la force armée la plus puissante sur le terrain est celle du Hezbollah, qui dispute à l’état libanais ses prérogatives et obéït aux ordres d’une puissance régionale non-arabe, l’Iran des ayatollahs. L’arrogance du Hezbollah produit une réaction épidermique chez les sunnites, pareille à celle de la majorité des chrétiens envers l’armement palestinien entre 1969 et 1975. La rue sunnite serait tentée de s’allier avec le diable si l’état s’avère incapable de la défendre et que le Mouvement du Futur soit incapable de parer à une éventuelle récidive du saccage de Beyrouth-Ouest par le Hezbollah et ses alliés.
Il est temps que le chef de l’état mette toutes les parties devant leurs responsabilités; sinon, le Liban court à la catastrophe une fois de plus.







